"Les juifs n'ont pas d'avenir dans une société multiculturelle", selon Alain Finkielkraut

Publié le par Chouan Bourguignon

LEMONDE.FR | 29.03.07 | 17h45  •  Mis à jour le 29.03.07 | 17h45
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Alain Finkielkraut était en Israël la semaine dernière pour tenir une conférence à l'université de Tel-Aviv et présenter la traduction en hébreu de son livre L'Avenir d'une négation (1982). Dans son édition du mercredi 28 mars, le quotidien Haaretz rapporte des propos qu'il a tenus, en petit comité, à des hommes politiques locaux et des intellectuels, réunis par l'Institut de planification d'une politique pour le peuple juif (JPPPI).

 

 

"Les juifs de France n'ont d'avenir que si la France reste une nation ; il n'y a pas d'avenir possible pour les juifs dans une société multiculturelle, parce que le pouvoir des groupes antijuifs risque d'être plus important", a-t-il confié, selon le quotidien israélien.

"En France, c'est la bourgeoisie contre les immigrés, et quiconque dit quoi que ce soit contre les immigrés est considéré comme raciste", a-t-il encore dit. "Le christianisme peut constamment être attaqué, mais il est interdit de dire quoi que ce soit de négatif au sujet de l'islam, parce que c'est la religion des opprimés et que si vous la critiquez, c'est que vous êtes raciste."

Selon Haaretz, Alain Finkielkraut n'a pas souhaité dévoiler pour qui il entendait voter à l'élection présidentielle. Le succès de M. Sarkozy, a-t-il souligné, tient au fait qu'"il n'a pas le sens du politiquement correct", que le philosophe définit comme "le refus d'accepter les faits". Le problème, c'est qu'"il est décrit par la gauche, et maintenant par le centre, comme un fasciste. Il sera peut-être élu, mais peut-être battu à cause de son image de fasciste", a-t-il affirmé.

LE PRÉCÉDENT DE 2005

En novembre 2005, une longue interview d'Alain Finkielkraut, elle aussi publiée dans le quotidien israélien de centre gauche, avait soulevé la polémique en raison de propos qualifiés, à l'époque, de "racistes" : "On nous dit que l'équipe de France [de football] est black-blanc-beur… En fait, aujourd'hui, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l'Europe", avait-il alors déclaré.

Mais c'est son analyse des émeutes dans les banlieues qui avait cristallisé l'opinion : "On voudrait [les] réduire à leur dimension sociale, y voir une révolte des jeunes contre la discrimination et le chômage. Le problème est que la plupart sont noirs ou arabes, avec une identité musulmane… Il est clair que nous avons affaire à une révolte à caractère ethnico-religieux".

Il reprochait alors aux "bobos"  leur indulgence et leur angélisme face à ces "nouveaux damnés de la terre"  : "Il y a des déclarations de haine très violentes contre la France. Toute cette haine et cette violence se font à présent jour dans les émeutes. Les considérer comme une réponse au racisme français est être aveugle à une haine plus vaste : la haine de l'Occident, Occident considéré comme responsable de tous les crimes."

"Imaginez que ce soit des Blancs comme à Rostock en Allemagne, poursuivait le philosophe. Aussitôt, chacun aurait dit : le fascisme ne sera pas toléré. Quand un Arabe incendie une école, c'est de la rébellion. Quand c'est un Blanc, c'est du fascisme. Je suis indifférent à la couleur. Le mal est le mal, peu importe sa couleur. Et ce mal, pour le juif que je suis, est totalement intolérable."

Après le tollé provoqué par ses propos, le philosophe avait présenté ses excuses se disant "victime d''un immense malentendu", soulignant que ces déclarations étaient "un assemblage où [il] ne se reconna[issait] pas".

 

Jean Marc Manach

 

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-889607@51-885855,0.html

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