Blumroch l'admirable (Pauwels)

Publié le par Chouan Bourguignon

Blumroch l’admirable ou le déjeuner du surhomme (Louis Pauwels)

 

 

Ce livre de Pauwels est un hommage son ami Jacques Bergier, co-auteur du Matin des magiciens. Pauwels s’est inspiré du Neveu de Rameau de Diderot pour écrire sur Bergier. Son livre est un roman fantasque à deux personnages recréés avec toutes les libertés de l’art.

 

 

Première partie : le déjeuner

 

 


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Le narrateur a rendez-vous avec Blumroch mais en vingt ans d’amitié, il ne l’a jamais tutoyé et ne lui a jamais fait de confidence.

 

 


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Le narrateur appartient à une entreprise située aux Champs-Elysées où réside Blumroch à vie par contrat d’affection. Il a rendez-vous à midi et quart et va causer avec lui du surhomme.

 

 


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Blumroch est dans sa grotte en papier, des milliers de revues froissées croulent d’un meuble Ronéo et des centaines de livres sont empilés contre le mur. Blumroch lit vire (une page toutes les cinq seconde). Derrière lui se trouve un portrait de Lovecraft et une affichette sous verre : « Ne vous affolez pas ». Crâne rond et chauve, lunettes rondes, le nez bec d’ara, un cou de poulet, des lèvres minces, peu rasé, érudit de ghetto. C’est bien le portrait de Bergier. Blumroch salue le narrateur : « Mon cher Louis », pas de doute sur l’identité du narrateur, il s’agit bien de Pauwels. Blumroch recommande à Pauwels « La gnose de Princeton » de Raymond Ruyer. Pour lui c’est du spiritualisme moderne. Blumroch a des délires touchants quand il affirme que les discours de de Gaulle ont été préparé par Chéri-Bibi ou Tintin (d’autant plus quand on pense à la position de Hergé face au nazisme).

 

 


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Blumroch lit tout sauf la littérature des sentiments, la philosophie des littéraires et les choses de l’art. Il retient tout en plusieurs langues. Sa professions est de mettre le nez là où les gens ne mettent pas le leur. Louis pense que Blumroch est mort à Mauthausen et que c’est son double qui erre le jour et se dissout la nuit. Il est une fiction véritable.

 

 


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Blumroch a horreur des enfants même s’il donne des timbres pour le fils de Mme Joyelle. Il distribue aussi des histoires comme celle-ci : « un saint homme dans le désert rencontre un lion. Alors, il s’agenouille et prie : « Seigneur, faites un miracle ! Inspirez à ce fauve des sentiments chrétiens ! ». « Miracle ! » le lion se prosterne, joint les pattes et dit : « Seigneur, bénissez ce repas. »

 

 


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Pauwels et Blumroch vont déjeuner aux Quick Elysées.

 

 


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Blumroch aime beaucoup Chesterton, l’auteur du Nommé jeudi et voudrait fonder un Institut à son nom pour lutter contre le pollution idéologique. Blumroch avait été invité à New-York en 1972 pour une conférence  internationale sur l’énergie mais les dignitaires français furent offusqués par la présence de ce Tournesol. Alors il avait passé ce bristol « Joseph Blumroch, amateur d’insolite et scribe des miracles » à quelqu’un qui avait refusé de le saluer. Blumroch affirme que son côté comique compense sa mégalomanie et que son destin était d’être seul.

 

 


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La discussion sur le surhomme commence. Pauwels pense que ce thème passe pour fasciste alors que Blumroch affirme que l’Ancien Testament est une histoire de surhommes. C’est l’idée de surhommes que se font les sous-hommes qui est fasciste et qu’il apparaît des êtres supérieurs à toute l’humanité et qu’ils orientent la destinée humaine. Pour Pauwels, l’élitisme est maudit. Blumroch dit que Wells l’avait prévu en pensant que la prochaine révolution se ferait moins contre les riches que contre les capables. Pour Blumroch, il n’y a pas d’agilité naturelle. Pour lui, tous les hommes sont dignes de respect mais tous n’habitent pas le même étage dans la maison du Père. L’injustice sociale serait donc divine pour Blumroch. Il reconnaît quand même que si nous naissions égaux, ce serait préférable mais que nos facultés sont dans nos gènes. Bergier a donc un discours qui tient du déterminisme génétique réactionnaire, c’est celui que Sarkozy a utilisé pendant la campagne présidentielle de 2007. Blumroch pense que le monde ne sera meilleur pour tous que s’il y a une hiérarchie, celle des capables, une méritocratie.

 

 


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Pauwels pense que notre monde provoque quantité d’inégalités artificielles qu’il faudrait supprimer pour une vraie méritocratie. Mais alors ce serait les inégalités naturelles qui ressortiraient autant. Pauwels avoue sa conscience de ne pas être assez intelligent (souffrirait-il du « sida mental » dont il avait affublé les étudiants en 1986 ?) malgré ses prières quotidiennes. Pour corriger cela, il attend tout de la biochimie.

 

 


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Blumroch pense que les dévots darwiniens professent l’équivalence des hommes alors qu’il y a des injustices qui viennent plus profondément de la nature que de la société. Pour lui, il faut cesser de discuter de l’égalité naturelle pour travailler sur les gènes et la physiologie du cerveau. Les partisans du QI disent qu’il faut tenir compte des disparités fondamentales dans l’enseignement et dans l’organisation sociale. Pour Blumroch, nous sommes tous frères mais pas jumeaux. Eysench qui croyait au QI s’est fait lynché et pensait que les égalitaristes étaient des fanatiques qui le traitaient de fasciste.

 

 


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Blumroch se déclare démocrate et élitaire ce qui parait contradictoire mais pas pour lui. Il appelle démagogie le fait de reconnaître que les imbéciles puissent avoir raison. Il pense que tous les hommes sont égaux jusqu’au moment où l’égalité est une injustice faite aux capables. Blumroch est convaincu des causes génétiques de l’intelligence mais qu’il y a des capables dans toutes les classes. Il pense que chez les ouvriers et les petits bourgeois, il peut exister des intelligents dans les milieux où la nécessité a maintenu la morale de l’effort. Il existe donc pour Blumroch deux sortes d’individus : ceux qui croient à l’effort et ceux qui n’y croient pas.

 

 


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Ce qui gène Pauwels dans le raisonnement de Blumroch c’est que les capables sont pour lui les intelligents selon le QI. Blumroch se défend en affirmant qu’il n’existe pas d’autres formes d’intelligence utiles à notre monde et que plus on a d’esprit et moins on est méchant. Pauwels évoque d’autres formes d’esprit en rappelant ses expériences dans l’hindouïsme et le groupe Gurdjieff. Mais pour Blumroch ceux qui cherchent dans ces voies fouillent dans les mystiques anciennes comme les clochards dans les poubelles. Pour lui, les progrès techniques et scientifiques s’empilent alors que les croyances font toujours le même bouillon. Il est radical en estimant que ceux qui, sous prétexte de coeur et de naturel, se détournent de la volonté de puissance et d’intelligence seront éliminés. C’est ça la sélection naturelle. Il se croit lui-même dépourvu de sentiments.

 

 


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Blumroch pense qu’au-delà du QI existe le génie. Il est un anti-humaniste puisqu’il affirme que nous croyons beau de penser que tous les hommes se valent, et qu’à la limite un idiot vaut Einstein. Et quand il nous vient une petite préférence sentimentale pour l’idiot, nous appelons ça l’amour. Son anti-humanisme l’amène à considérer la psychologie comme une fausse science qui se consacre à l’étude de l’homme moyen, avec un intérêt spécial pour le déchet.

 

 


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Pauwels avoue que les échanges avec Blumroch provoquent chez lui une sorte de spasme et une émotion dilatante aussi sublime que l’étreinte amoureuse.

 

 


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Blumroch déclare : l’intelligence, c’est ce qui se passe quand rien n’empêche l’intelligence de fonctionner.

 

 


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Pauwels veut l’intelligence sans limites comme une chose non humaine, comme une passion sans obstacle.

 

 


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Blumroch estime que l’homme contient du sans-limites, que notre cerveau est une maquette complète de l’univers mais que nous ne savons pas encore l’exploiter complètement.

 

 


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Blumroch pense que Hegel a eu deux fils : Karl Marx, un bûcheur et Nietzsche, un poète. Prométhée serait le père d’Hegel.

 

 


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Pour Pauwels, l’Occident scientifique est un nouvel empire romain. Il croit qu’il sera gagnant sur le pouvoir et l’esprit ce qui dénote une forme de racisme anti-oriental. Il croit à la vie spirituelle qui serait l’ensemble des conduites héroïques et poétiques de l’âme et ce n’est pas contradictoire avec la modernité. Pauwels se croit anti-chrétien (à la fin de sa vie il a quitté le paganisme et l’ésotérisme pour se convertir au catholicisme ce qui ne l’a pas empêché de fonder l’Omnium des libertés avec la scientologie).

 

 


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Pauwels se prend pour Goethe car un astrologue lui a affirmé que leur deux thèmes correspondaient.

 

 


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Pauwels appelle Blumroch, le Juif errant. Ce dernier lui raconte une histoire d’Arthur C. Clarke, celle d’un Jésuite cosmonaute qui doute de la théologie au cours d’un voyage dans l’espace.

 

 


23

 

 

Pauwels compare ses contemporains aux premiers chrétiens car ils voient partout l’iniquité.

 

 


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Le révérend père Risson est moine et rationaliste. Il n’a pas pardonné à Pauwels d’avoir écrit le Matin des magiciens et  créé Planète. Il l’accuse de commerce.

 

 


25

 

 

Pauwels croit à la vie religieuse mais pas nécessairement chrétienne. L’Eglise a contenu la folie chrétienne mais celle-ci a resurgi et le christianisme primitif est incompatible avec la civilisation. Pour lui, la religion future sera faite de hardiesse, de savoir et de pouvoir, de conquête et de lumière.

 

 


26

 

 

Pauwels voudrait écrire un roman sur l’affrontement de la civilisation antique et du christianisme primitif. Blumroch veut écrire un essai intitulé « Cassandre est morte idiote » car pour lui il n’y aura pas de catastrophe, pas de pollution, la surpopulation et l’épuisement des ressources sont pour lui des mythes ce qui ferait sourire aujourd’hui. Pour lui les écologistes sont des crétins qui réclament un monde utilisant le moins d’intelligence possible.

 

 


27

 

 

Blumroch cite Marx et Nietzsche à propos de l’homme et de la nature. Il en conclut que la nature est là pour que nous l’attaquions, la transformions, la pétrissions avec l’intelligence pour en faire de l’homme et demain du surhomme.

 

 


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Blumroch estime que les hommes ne se préoccupent que des sous alors qu’ils devraient voir que les temps demandent une philosophie. Il évoque Stapledon qui a écrit un roman Derniers des premiers hommes. C’est l’épopée de l’humanité, du XXè siècle à son évanouissement sur Neptune dans deux milliards d’années. A la fin, nus sommes presque Dieu, nous sommes un magnifique suresprit collectif qui peuple la galaxie.


http://humanisme.canalblog.com/archives/2008/05/26/9328591.html

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thierry 09/07/2009 09:16

Bonjour,Je suis l'auteur de cette fiche de lecture et je suis très surpris de la voir reprise sur un autre site sans que vous ayez jugé utile de m'en demander l'autorisation. Je trouve ça très impoli et peu respectueux.