Préservatifs cancérigènes ?

Publié le par Chouan Bourguignon

Une étude allemande sème le doute. Il faut relativiser...

BRUXELLES
Alertes en cascade. L'office d'inspection chimique de la ville de Stuttgart vient de livrer les conclusions d'une étude qui tendrait à démontrer que la grande majorité des préservatifs commercialisés en Allemagne (et il n'y a pas de raison, a priori, pour qu'il en soit autrement chez nous) recèlent un taux particulièrement élevé d'une substance - la nitrosamine - identifiée comme ayant des propriétés cancérigènes. Les autorités sanitaires régionales ont été saisies du dossier, qu'elles transmettront prochainement aux responsables nationaux.

Concrètement, sur 32 marques de condoms testées, seules trois ne recèlent aucune trace de nitrosamine. «Nous avons décelé, dans certains produits, des concentrations extrêmement importantes, pouvant aller jusqu'à 600 microgrammes par kilo», indique Werner Altkofer, responsable de l'enquête. Qui ajoute que la nitrosamine - produite en cours de fabrication du caoutchouc - pénètre dans l'organisme par les muqueuses.

«Ce n'est pas la première fois que des résultats de ce type sont enregistrés», intervient Jean-Philippe Ducart, auprès de l'association Test Achats. «Une rapide recherche nous a permis de retrouver deux enquêtes, allemandes elles aussi, aboutissant aux mêmes conclusions, et datant de 1997 et de 2001.» L'enseignement est clair: «Il n'y a pas péril en la demeure. Nous avons calculé que durant 30 ans, à raison de 50 préservatifs annuels - soit 1.500 contacts -, le corps n'absorbe qu'une quantité très faible de nitrosamine.»

Un produit que l'on retrouve également, et en quantités plus significatives, dans une série d'aliments, mais aussi dans la cigarette (en l'occurrence à des doses... 10.000 fois plus élevées que dans un préservatif). Autrement dit, sortez encore et toujours couvert...

 

J. M.

© La Dernière Heure 2004

http://www.dhnet.be/infos/societe/article/100594/preservatifs-cancerigenes.html

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