De l'islamisation au terrorisme

Publié le par Chouan Bourguignon

Chaque année, une trentaine de volontaires français s'inscrivent dans les universités de Riyad, Médine ou La Mecque. De l'endoctrinement religieux à l'action armée, leur basculement dans «la guerre sainte» en Irak tient souvent à un fil. Jeunes Français de souche, ou Maghrébins d'origine, laissés pour compte des banlieues ou fils de bourgeois en rupture de ban, ces «missionnaires» de l'islam radical seraient au total quelques centaines, disséminés à travers le monde (dont 150 en Arabie saoudite et une cinquantaine au Yémen). Les plus pauvres vont au Pakistan ou en Égypte, les autres en Arabie saoudite, en Syrie ou au Yémen.

À la périphérie de Riyad, l'université al-Imam est l'un de ces laboratoires à djihadistes. Un véritable camp militaire, avec ses grillages, sa salle de contrôle et de surveillance ultramoderne installée au sommet d'un château d'eau. Plusieurs auteurs d'attentats terroristes sont issus d'al-Imam. Davantage encore que l'Arabie, l'Égypte apparaît désormais comme une étape obligée. Les centres islamiques du Caire inquiètent les spécialistes de la lutte antiterroriste. À Qortoba, les «étudiants en religion» commencent par un ou deux courts séjours, de quelques semaines. Les plus radicaux sont détectés, et pris en main par des «cadres» qui les repaissent de vidéos d'exactions américaines en Irak. Ceux-là seront orientés vers de plus petites unités, comme le centre al-Fajr ou la mosquée Aziz Bila, véritables «antichambres» de «la guerre sainte», avec un lieu de prière au sous-sol, et «des salles de cours» au premier étage. Pas encore d'entraînement opérationnel, mais l'ultime étape du cursus, avant le passage en Irak.

«Ceux qui vont rentrer en France feront tout pour orienter l'islam vers l'isolement et le repli sur soi, c'est aussi un ­danger», prévient le saoudien, Abdallah al-Gasim. Rien ne dit que ces «étudiants» veuillent commettre un attentat en France, mais les ser­vices de sécurité redoutent qu'une poignée d'entre eux fournissent «un appui logistique» aux terroristes qui chercheraient à frapper l'Hexagone.

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