Le procès de l'"antiracisme"

Publié le par Chouan Bourguignon

Le bloc-notes d'Ivan Rioufol

 
L'accusation de racisme, lancée à la volée, cherche à museler la critique. Démonstration cet­te se­maine avec Charlie Hebdo, poursuivi en justice par des organisations musulmanes pour avoir publié des caricatures de Ma­homet liées au terrorisme. Or, c'est en référence à ce même moralisme, dont il se réclame, que l'hebdomadaire a été attaqué. Puissent les belles âmes prendre enfin conscience des risques qu'un tel dogme envahissant, dé­tourné de sa juste cause, fait courir à la démocratie.
 
Une condamnation du journal satirique serait un recul pour la libre expression. L'idéologie islamiste, pas plus qu'une autre, ne peut s'estimer intouchable et exiger la censure. SOS Racisme et la Licra ont eu évidemment raison de s'indigner, lundi dans Libération, du procès ouvert pour la « lutte contre le racisme ». Mais ces organisations ulcérées ont contribué à sacraliser l'argument massue, au nom des bons sentiments.
 
Dans un livre sorti ces jours-ci (Le Communisme du XXIsiècle, Éditions Xenia), Renaud Camus analyse lumineusement, à la suite d'Alain Finkielkraut, le totalitarisme porté par cet antiracisme systématisé, « ultime objet de la transmission scolaire ». Ce culte d'État conduit à bannir tout ce qui relève des ethnies, des peuples, des cultures, des religions, des civilisations, des origines, des mi­grations, des nationalités. Son in­tégrisme en vaut un autre.
 
Rares sont ceux, par exemple, qui auront protesté d'entendre Edwy Plenel, alors patron du Monde, assurer : « Quand j'en­tends Français de souche, j'en­tends raciste de souche », Emmanuel Todd trouver « raciste » de défendre l'Occident, ou Jack Lang estimer : « Le raciste voit partout des Noirs et des Arabes. » Même Nicolas Sarkozy a succombé à la sommation en voyant, en 2004, « des relents de racisme » dans le fait de s'interroger sur la compatibilité de l'islam avec les valeurs de la République.
 
Le racisme est indéfendable. Cependant, son instrumentalisation par la pensée correcte rend impossible le moindre débat. La récitation a d'ailleurs valu au ­candidat de l'UMP, lundi soir sur TF1, de se faire accuser à son tour, pour avoir évoqué une pratique d'égorgement de mouton à domicile. En ayant choisi de défendre la libre opinion et la laïcité, en dépit de l'opposition des gardiens du temple, Charlie Hebdo a pris un chemin de dissidence : un premier pas. Reste un mur à abattre.
 

 
« Assez de honte, citoyens ! »
 
Charlie Hebdo a bien fait de tenir tête aux intimidations. Et le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, réputé modéré, a eu tort de se joindre aux intégristes de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France) soutenus par la Ligue islamique mondiale, proche de l'islam extrémiste wahhabite. Ce faisant, le recteur de la mosquée de Paris a montré qu'islam et islamisme savaient faire cause commune sur le dos de la liberté d'expression, ce pilier de la démocratie. Où est, ici, l'occidentalisation promise de l'islam ?
 
Les appuis apportés à l'hebdomadaire par Nicolas Sarkozy, François Hollande et François Bayrou, invitent à ne pas désespérer d'une résistance à l'obscurantisme. Ces positions corrigent les complaisances de Jacques Chirac, apparues dès l'affaire Salman Rushdie en 1989, pour une idéologie construite sur la soumission. Le chef de l'État avait qualifié, il y a un an, les caricatures de « pro­vo­cation manifeste », avant de prendre ses distances avec Benoît XVI et son discours de Ratisbonne qui critiquait l'irrationalité de la violence.
 
Cependant, trop de signes laissent voir une tendance à la démobilisation. L'Éducation nationale aura lâché le professeur d'histoire Louis Chagnon, accusé en 2004 d'islamophobie et défendu ici dans l'indifférence médiatique. Les « réserves » sur le professeur Robert Redeker ne furent guère plus courageuses. Entendre Jack Lang, dimanche à Alger, se prononcer, au nom de Ségolène Royal, pour la « reconnaissance des crimes qui ont été commis par la colonisation en Algérie de 1830 à 1962 », sans même évoquer le massacre des harkis par le FLN, ajoute au malaise. « Assez de honte, citoyens ! », aurait fulminé Victor Hugo.
 
Quand Lang, à cette même occasion, déclare de surcroît : « Il faut réformer les manuels scolaires français (...) qui présentent une histoire idyllique du colonialisme », tout en ayant fait, récemment, l'éloge de l'occupation musulmane de l'Espagne, le conseiller spécial de la candidate socialiste ne fait qu'accéder aux demandes des pays de l'Organisation de la conférence islamique. Est-ce cela, le « dialogue euro-arabe » que veut relancer la gauche anti-atlantiste, Prodi, Zapatero et Royal en tête ?
 

 
« Je suis Algérienne »
 
TF1, lundi soir : Nicolas Sar­kozy est pris à partie par une Lilloise qui lui reproche d'avoir nommé à la tête du Conseil français du culte musulman (CFCM) un « Algérien », ce qu'elle trouve anormal car « les Marocains sont majoritaires » en France. « Moi, je suis algérienne », précise-t-elle. Sarkozy : « Vous n'êtes pas une Algérienne, vous êtes une Française. » Cette réplique a été généralement oubliée des comptes rendus, qui ont préféré rapporter l'accusation de racisme portée par cette jeune femme (lire plus haut). Pourtant, ce dialogue illustre le défi qui reste à relever : faire aimer la France afin de s'en réclamer naturellement. Or ce n'est pas en s'excusant sans cesse de son passé, de sa culture, de ses valeurs que la nation saura faire partager aux nouveaux venus la fierté d'être français.
 

 
Médias accusés
 
Cinglantes critiques de Ségolène Royal contre les médias, mardi. La candidate oublie que ce sont eux qui l'ont portée, avant qu'elle ne déçoive. De cela, elle est la seule responsable.
 

Publié dans chouanbourguignon

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ka 18/02/2007 15:00

L'ethnomasochisme est peut-être abondant dans la bouche de trois pov journaleux démago qui croient que jouer les dhimmis va sauver leur peau le jour où ça va péter.Mais chez les français moyens désolé j'ai jamais vu un blanc assez con et maso pour s'excuser d'être blanc et demander pardon pour les crimes commis par arriere grand papy.