Christian, 50 ans, esclave dans un atelier

Publié le par Chouan Bourguignon

Il s'appelle Christian, il est âgé d'une cinquantaine d'années ; et depuis quinze ans, il travaillait comme un véritable esclave dans un atelier de confection lyonnais, vivant dans les conditions les plus sordides, et pratiquement sans salaire. "Il dormait dans un coin du salon de son employeur, sur une paillasse, comme un chien", selon une source policière. L'homme n'était même pas nourri. "Il ne mangeait pas. Il se payait du pain, quelques conserves et surtout à boire".

La police lyonnaise a mis fin à son calvaire lorsqu'elle l'a découvert par hasard, lors d'un contrôle à la suite d'un incendie. Son histoire a été révélée lundi matin par le quotidien Lyon Plus. Sur RTL, une voisine témoignait, stupéfaite : "il vivait là et on ne savait rien". Tout au plus avait-elle remarqué que le malheureux avait toujours la même paire de sandales...

"La patronne est gentille"

Selon le journal lyonnais, Christian est à la rue lors de sa rencontre avec Mohamed B. il y a une quinzaine d'années. Après avoir travaillé en Afrique et à La Réunion, il s'est fixé dans l'agglomération lyonnaise, mais a tout perdu à la suite d'une rupture qui l'a laissé sans toit. Mohamed B. lui propose alors du travail, en échange d'un hébergement. Christian accepte. Pour tout salaire, il touche alors 50 francs par jour.

Mais il s'en contente, et ne se plaint pas. Aujourd'hui encore, il refuse d'accabler ceux qui l'ont ainsi exploité : "la patronne est gentille, elle me donne parfois un bout de fromage". D'ailleurs, bons princes, Mohamed B. et sa compagne lui avaient promis de l'emmener avec eux en Tunisie, à l'heure de la retraite.

Lors du passage à l'euro, le salaire de 50 francs décroît encore : il passe à 5 euros. Mais Christian ne proteste pas davantage. Il faudra attendre l'incendie de l'atelier, et l'intervention de la police lyonnaise, pour que son esclavage prenne fin et que son "employeur" soit poursuivi. Il devra répondre "d'atteinte à la dignité de la personne humaine". Il est par ailleurs soupçonné de tentative d'escroquerie à l'assurance et de destruction d'un bien par incendie, à la suite du sinistre qui a ravagé son atelier. Et il a également été mis en examen pour travail dissimulé, l'Urssaf ayant constaté que toutes les heures des "vrais" salariés de l'atelier n'avaient pas été déclarées. Quant à Christian, il a reçu un hébergement, de quoi se nourrir et de quoi se vêtir de la part d'une association qui l'a pris en charge.

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