"C’est mon mari, la victime, qui est emprisonné!"

Publié le par Chouan Bourguignon

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Vendredi dernier, un commerçant de la banlieue parisienne est agressé chez lui par trois hommes armés. Pour avoir retourné le pistolet de l'un d'eux et l'avoir tué, l'homme est aujourd'hui en prison. Le témoignage de son épouse

 

 

Vendredi dernier, dans la matinée, un couple de commerçants est attaqué, à Nogent-sur-Marne (Val de Marne), par trois malfaiteurs. René Dahan se bat avec l’un de ses agresseurs, qui menace aussi sa femme. Il parvient à arracher l’arme de l’un d’entre eux, un 357 Magnum, le retourne et tire à plusieurs reprises. L’homme, qui tombe par la fenêtre du premier étage, est retrouvé mort. Voici le témoignage de sa compagne, en exclusivité pour LEXPRESS.fr.

"Il était 9 h 30 ce matin-là et René était venu me dire au revoir dans la salle de bains, avant de partir au travail. Une fois la porte refermée, j’ai entendu des grands bruits dans l’entrée, j’ai cru que mon mari était tombé. Je me suis précipitée et j’ai été attrapée par deux hommes, le visage masqué, qui m’ont maintenue par le cou pendant que René se battait avec un troisième. Mon mari a réussi à lui arracher son arme, un gros revolver, et a tiré. Je ne peux pas donner tous les détails sur ce qui s’est passé afin de ne pas violer le secret de l’instruction.

[Selon les éléments de l’enquête, le malfaiteur pointe l’arme sur la mâchoire de René Dahan, celui-ci parvient à retourner sa main, et un premier coup part contre l’agresseur. Dahan réussit alors à attraper le 357 Magnum et tire une deuxième balle. Le voyou tombe à terre, se relève, apparemment indemne. Tandis que les deux autres s’enfuient par la porte, le blessé court dans le fond de l’appartement, poursuivi par le commerçant, qui tire sur lui à nouveau, à deux reprises. L’homme tombe par la fenêtre qu’il venait d’ouvrir… NDLR]

Mon mari, poursuit-elle, a fait preuve d’un grand courage et d’un grand héroïsme, car je n’ose imaginer ce qui nous serait arrivé s’il n’avait pas désarmé le malfrat. Visiblement, ces malfaiteurs avaient repéré les lieux puisqu’ils connaissaient le code de l’entrée et se sont fait ouvrir la deuxième porte par une habitante de l’immeuble, en disant qu’ils se rendaient au premier étage. Peut-être voulaient-ils me prendre en otage et conduire René à son travail, car nous n’avons pas de valeurs chez nous.

En tout cas, ce qui est incroyable, c’est que mon mari, au terme de quarante-huit heures de garde à vue, a été mis en examen pour homicide involontaire et incarcéré à Fleury-Mérogis. Alors que nous avons été attaqués chez nous, à notre domicile, et menacés physiquement. C’est mon mari, la victime, qui est emprisonné! Depuis ce vendredi, je vis un cauchemar. J’ai fait une demande de visite pour voir René en prison. Comme je l’ai déposé aujourd’hui [lundi 30], cela n’aurait été possible que mercredi prochain… Mais c’est un jour férié. Donc la visite est remise peut-être en fin de semaine.

De plus, mon appartement est sous scellés. Je vis chez ma fille. C’est ahurissant, le monde à l’envers! Heureusement, mon avocate, Me Marie-Alix Canu-Bernard, a pu rencontrer mon mari et le réconforter et beaucoup de personnes nous manifestent leur soutien. Ce qui me réchauffe le coeur."

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