Les USA avaient menacé de bombarder le Pakistan après le 11/9

Publié le par Chouan Bourguignon

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Les États-Unis ont menacé de bombarder violemment le Pakistan après les attentats du 11-Septembre, à moins qu'il ne coopère dans la guerre contre le terrorisme, a déclaré le président pakistanais Pervez Musharraf dans une interview rendue publique jeudi.

Le président Musharraf a rapporté que la menace émanait de l'ex-secrétaire d'État adjoint américain Richard Armitage, mais qu'elle lui avait été signifiée par le directeur du Renseignement pakistanais.

«Le directeur du Renseignement m'a rapporté que (M. Armitage lui) avait dit: +soyez prêts à être bombardés. Soyez prêts à revenir à l'âge de pierre+», a déclaré le dirigeant pakistanais dans une interview avec l'émission «60 minutes» qui doit être diffusée dimanche sur la chaîne américaine CBS.

M. Musharraf, dont le soutien à la guerre déclenchée par Washington en Afghanistan a été décisif dans la chute du régime des talibans après les attentats de 2001, a qualifié la remarque de «très brutale», selon les extraits de l'entretien rendus publics par CBS.

Mais «on doit réfléchir et prendre des mesures dans l'intérêt de la nation et c'est ce que j'ai fait», a-t-il dit.

Peu après les attentats du 11 septembre 2001, le Pakistan retirait son soutien aux talibans, qui abritaient les responsables du réseau Al-Qaeda, et devenait un allié de premier plan dans la «guerre contre le terrorisme» conduite par les Américains.

Le Pakistan a arrêté plusieurs membres importants d'Al-Qaeda, dont Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre.

Il a déployé quelque 80 000 soldats à la frontière avec l'Afghanistan pour traquer les militants proches des talibans ou d'Al-Qaeda qui s'introduisaient au Pakistan pour fuir l'invasion américaine de l'Afghanistan.

Selon les affirmations de M. Musharraf, les Américains auraient aussi exigé que le Pakistan ouvre ses postes-frontière et ses bases aux militaires américains.

D'autres requêtes «grotesques» exigeaient la suppression des expressions de soutien aux attaques militantes contre des cibles américaines, selon la chaîne CBS. «Nous ne pouvons pas réprimer l'expression des points de vue», a commenté M. Musharraf.

La Maison-Blanche n'a pas souhaité faire de commentaire jeudi. Mais un responsable américain a déclaré à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, que le Pakistan avait fait «un choix stratégique en se joignant à la guerre contre le terrorisme» après le 11-Septembre et était depuis «un partenaire déterminé dans cet effort». «L'engagement du Pakistan dans cette mission importante n'a jamais failli et notre partenariat s'est renforcé», a-t-il ajouté.

Dans cette interview à CBS, M. Musharraf rapporte aussi que l'ex-directeur de la CIA George Tenet lui avait révélé, preuves à l'appui, que le «père» de la bombe atomique pakistanaise avait livré des informations secrètes à la Libye, à l'Iran et à la Corée du Nord.

Le scientifique Abdul Qadeer Khan, considéré comme un héros national au Pakistan, a admis en 2004 avoir participé à un réseau d'exportation illégale de technologies nucléaires.

«Il (M. Tenet) a pris son attaché-case, m'a passé des papiers. Il y avait le plan d'une centrifugeuse avec toutes ses références et des signatures du Pakistan. C'était un moment extrêmement embarrassant», a déclaré M. Musharraf.

C'est seulement à ce moment-là, selon lui, qu'il a réalisé que non seulement les modes d'emploi avaient été livrés mais aussi les centrifugeuses elles-mêmes, une technologie cruciale pour l'enrichissement de l'uranium, selon les extraits publiés par CBS.

M. Musharraf soutient que personne dans son gouvernement ou l'armée n'était au courant de cette fuite.

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