Soyions fier d'être de droite !

Publié le par Chouan Bourguignon

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À droite, sans complexes

“La gauche s’est beaucoup trompée”. Dans son nouveau livre, le journaliste Éric Brunet exhorte la droite à s’affirmer… de droite ! Pas d’autre solution que de reconquérir le terrain culturel.

Castro est un homme modeste, désireux d’être compris, généreux, à la recherche d’une éthique nouvelle. Déclaration de François Mitterrand à Cuba, en 1974. « Castro est pour moi un homme admirable, l’un des rares hommes pour lesquels j’éprouve un sentiment de respect » : celle-ci est signée Jean-Paul Sartre, qui a dit aussi : « Un régime révolutionnaire doit se débarrasser d’un certain nombre d’individus qui le menacent, et je ne vois pas d’autre moyen que la mort. On peut toujours sortir d’une prison. Les révolutionnaires de 1793 n’ont probablement pas assez tué » (dans Actuel, le 28 février 1973).
Que n’ont-ils pas dit comme sottises, nos “intellectuels de gauche” depuis qu’ils monopolisent la parole, c’est-à-dire depuis soixante ans ! Castro agonise, mais beaucoup lui survivront. Feront-ils leur repentance, comme ils l’exigent de la droite pour des crimes qu’elle n’a pas commis ?
Dans son livre, Être de droite, un tabou français (Albin Michel), dont nous publions des extraits pages suivantes, Éric Brunet, à qui l’on doit déjà la Bêtise administrative, cite le poème qu’Aragon écrivit à la gloire du Guépéou, la gestapo soviétique : « Je chante le Guépéou, nécessaire à la France (…) / Demandez un Guépéou / Il vous faut un Guépéou / Vive le Guépéou / figure dialectique de l’héroïsme. »
Ce faisant, Brunet brise un tabou que de plus en plus de Français ont du mal à supporter. Pour preuve, le succès de son livre : 40 000 exemplaires vendus en à peine quelques semaines ! Mieux qu’un frémissement, le signe qu’il se lève enfin des voix pour contester le “monopole idéologique” de la gauche : l’expression est de l’auteur, journaliste à France 3, qui exhorte la droite à s’affirmer… de droite !
D’autres avant lui ont critiqué la mainmise de la gauche sur la culture, sa volonté de réduire la droite au silence au nom d’une morale qu’elle prétend incarner. Élisabeth Lévy a dénoncé la fatuité de « nos maîtres censeurs, détenteurs de la parole médiatique, investis du pouvoir d’énoncer ce qui est tolérable et ce qui ne l’est pas, ce qui est discutable et ce qui ne l’est pas, qui est fréquentable et qui ne l’est pas » (les Maîtres censeurs, Lattès, 2002). Dans le Terrorisme intellectuel (Perrin, 2000), Jean Sévillia a critiqué les mauvaises actions de ces “chiens de garde” attachés à de mauvais maîtres : Staline, Mao, Hô Chi Minh, Castro, Pol Pot avant le génocide cambodgien…
La gauche « considère, comme Voltaire, que “le peuple français sera toujours un peuple ignorant et faible, qui a besoin d’être conduit par le petit nombre des hommes éclairés” », écrit Éric Brunet qui est allé au-devant d’hommes et de femmes qui n’ont pas abdiqué leurs convictions, bien qu’ils aient subi les foudres de la gauche – non pas à La Havane ni à Pékin, mais en France. Dans la Fonction publique, l’Éducation nationale ou les salles de rédaction, « ceux qui ont fait leur coming out sur leur lieu de travail l’ont payé souvent cher : un employeur qui les met sur la touche, une campagne de dénigrement menée par les syndicats, une promotion qu’on offre à un autre ou, plus pernicieux, une carrière barrée sous un motif fallacieux ».

“Il faut labourer le territoire des idées et des utopies”.

L’idée de ce livre est ancienne : « J’ai une quarantaine d’années, raconte Brunet. Quand j’étais étudiant en journalisme, dans ma promo, nous étions trente-cinq. J’étais le seul qui avait le cœur vaguement à droite. Les trente-quatre autres n’avaient lu ni Marx ni Trotski, mais leurs rêves étaient à gauche, tout simplement parce que la gauche labourait le territoire des idées et des utopies. »
C’est pourquoi ce livre est nécessaire. La gauche ne cédera rien à la droite mais tout peut changer, explique Brunet, à une condition : que la droite reprenne l’initiative dans le domaine culturel, qu’elle a délaissé depuis l’après-guerre : « La droite réclame des penseurs, des idées, un souffle ! Elle ne veut plus que ses défenseurs soient mis au rancart de la modernité par des Torquemada de la bien-pensance. Elle veut sortir des pages saumon du Figaro, être de chaque forum, de chaque discussion, parce qu’elle est belle et que ses idées sont en devenir. » Un chantier immense, mais un chantier d’espoir.»
Fabrice Madouas

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