Résultat des élections en Allemagne

Publié le par Chouan Bourguignon

SCHWERIN, Allemagne (Reuters) - Un parti d'extrême droite a obtenu des sièges parlementaires dimanche lors d'un scrutin dans l'est de l'Allemagne, profitant de la stagnation économique régionale et d'un mécontentement croissant envers le gouvernement de Berlin dirigé par Angela Merkel.

Selon des résultats préliminaires, le Parti national démocratique (NPD), que le gouvernement a essayé d'interdire en le comparant au jeune parti nazi, recueillait 6,4% des suffrages dans le Land du Mecklembourg-Poméranie occidentale, situé sur la Baltique et limitrophe de la Pologne à l'est.

S'il se confirme, ce résultat permettra à ce parti qui prône l'arrêt de toute immigration d'entrer à l'assemblée régionale. Le Mecklembourg-Poméranie occidentale deviendrait ainsi le troisième Land de l'ex-RDA où est représentée l'extrême droite.

Cette percée inquiète le reste de la classe politique et les associations juives, qui ont demandé au gouvernement fédéral d'engager de nouvelles démarches pour faire interdire le NPD malgré l'échec de sa tentative de 2003.

"Le gouvernement doit rechercher les moyens d'imposer une interdiction", a déclaré à Reuters Dieter Graumann, vice-président du Conseil central des juifs d'Allemagne.

D'après les résultats préliminaires, les sociaux-démocrates (SPD) obtiendraient 29,7% des suffrages dans ce Land, contre 28,8 pour les chrétiens-démocrates (CDU) et 18,1% pour les communistes réformés du PDS (Parti du socialisme démocratique).

Sur cette base, le SPD et le PDS disposeraient d'un nombre de sièges suffisant pour continuer d'administrer ce Land qu'ils gouvernent ensemble depuis huit ans. Ce développement constituerait un revers pour la chancelière Merkel, dont la CDU semblait avoir une chance d'en prendre le contrôle.

LE MAIRE DE BERLIN RECONDUIT

Le NPD a progressé au Mecklembourg-Poméranie occidentale en multipliant les tirades anti-immigration et les attaques contre la grande coalition rouge-noir qui réunit, au plan fédéral, le SPD et la droite (CDU/CSU).

A l'issue d'un autre scrutin organisé dimanche à Berlin, capitale de l'Allemagne en même temps que ville-Etat, le SPD du bourgmestre Klaus Wowereit demeure le premier parti avec 31,4% des voix, indiquent les résultats préliminaires.

Wowereit - qui s'est concilié des partisans en annonçant en 2001: "Je suis gay et c'est une bonne chose" - devrait ainsi rester aux commandes avec l'appui du PDS, ou opter pour une coalition avec les Verts.

La victoire aurait pu échapper au maire de Berlin en conséquence d'un taux de chômage de 17% et d'une dette publique de 60 milliards d'euros.

Au Mecklembourg-Poméranie occidentale, où se trouve la circonscription régionale de Merkel et où celle-ci a accueilli en juillet le président George Bush, la situation économique est encore plus mauvaise.

Près d'une personne sur cinq y est sans emploi et le taux de chômage dépasse les 30% dans certains secteurs. Comme d'autres Länder de l'ex-Allemagne communiste, la région a été désertée par beaucoup de ses habitants en quête d'emploi. Tributaire du tourisme, le Land a vu son industrie décliner et sa population diminuer de 15% depuis la chute du mur de Berlin.

Des membres du NPD siègent d'ores et déjà au parlement de Saxe, au sud-est de Berlin. Un autre parti d'extrême droite, l'Union populaire allemande (DVU), occupe des sièges au Brandebourg, Land qui encercle la capitale fédérale.

Aucun de ces deux partis n'exerce d'influence notable au plan national. Le NPD a obtenu 1,6% des voix aux législatives de l'an dernier, score très inférieur à ceux de formations d'extrême droite comme le Front national (FN) français.

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