Union monétaire mondiale

Publié le par Chouan Bourguignon

La Russie et la Chine font pression pour que la place du dollar soit reprise par une nouvelle monnaie mondiale unique, sur le modèle de l’euro qui a remplacé les monnaies nationales européennes. L’économiste Hans-Hermann Hoppe de l’université de Las Vegas avait prédit cette évolution dans un article datant de 1990. Son analyse révèle un enjeu caché.


Jusqu’au XIXe siècle, nul ne contrôlait réellement la quantité de monnaie en circulation. Car la monnaie, c’était l’or. C’est seulement lorsque l’usage du papier-monnaie s’est répandu — et qu’il a progressivement perdu tout lien avec l’or — qu’il est devenu possible de contrôler la quantité de monnaie émise.


Le pouvoir de créer de la monnaie est détenu par l’État et les grandes banques dans le cadre d’une alliance d’intérêts réciproques. L’action de l’État est requise afin d’imposer légalement une monnaie-papier à la population du pays. Les grandes banques sont quant à elles nécessaires pour écouler la monnaie-papier ainsi créée (de la même façon que l’on écoule la fausse monnaie). C’est en raison même de cette alliance que des banquiers se mêlent de politique, ou que l’on voit des politiciens « pantoufler » dans le secteur bancaire.


Il existe cependant, nous dit Hoppe, une limite au pouvoir détenu par les membres de cette alliance. Si la quantité de monnaie créee est trop importante, elle subit une dévaluation par rapport aux monnaies de pays qui font un usage moins intensif de la « planche à billets ». Exemple : le Zimbabwe sous Robert Mugabe a émis une telle quantité de monnaie que la devise locale a perdu plus de 99,99 % de sa valeur par rapport au dollar, à l’euro et au yen.


Pour l’élite dirigeante, la « solution » passe donc par l’unification monétaire mondiale. Le jour, en effet, où tous les pays utiliseront la même monnaie, les problèmes de taux de change disparaîtront. Celui qui contrôlera l’émission de monnaie pourra alors agir à sa guise, sans risquer la dévaluation. Car il n’existera dès lors plus d’autre monnaie pouvant servir de point de comparaison.


C’est selon Hoppe la raison profonde du mouvement inexorable vers l’union monétaire mondiale. Un contexte de crise économique, comme actuellement, permet par ailleurs de mieux « vendre » cette évolution à une opinion publique désorientée ou paniquée.


Reste à savoir qui contrôlera l’émission de cette nouvelle monnaie unique… Quels États ? Quelles banques ? Les États-Unis, la Russie ou la Chine ? La Société Générale, Nomura ou Goldman Sachs ? Quel sera le poids relatif des uns par rapport aux autres ? Les luttes d’influence au sein de l’hyperclasse en décideront. Pour Hoppe, une certitude demeure : le vulgum pecus n’aura pas son mot à dire.


Lorsque ce pouvoir sera mis en place, pour la première fois dans l’Histoire, il sera sans limite. Et selon Hoppe, seule une forte mobilisation de l’opinion publique est à même de contrecarrer ce programme mondialiste.

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