Bloc-notes: la France confrontée à la guerre des rues

Publié le par Chouan Bourguignon

À quoi bon le taire? Une partie de l’immigration extra-européenne est à la source des tensions qui font l’actualité. Revendications identitaires et affrontements urbains résultent d’une même politique impensée depuis des décennies. La gauche, qui reproche à la droite ses expulsions, en est à défendre les clandestins qui ont incendié le centre de rétention de Vincennes. François Fillon assure que ce geste ne remettra pas son action en cause. Encore heureux!

 Entendre les Verts s’indigner de la "montée de la violence dans nos quartiers", après l’agression antisémite d’un jeune de 17 ans, samedi dans le XIXe arrondissement de Paris, illustre l’irresponsabilité des immigrationnistes qui demandent d’autre part la remise en liberté des sans-papiers interpellés. Pour avoir toujours incité aux protections exclusives des minorités et à leurs revendications, ils sont coresponsables de l’implantation du communautarisme et de ses désordres.

Rudy, qui portait la kippa, a été lynché par de jeunes Africains, à l’issue d’affrontements rituels entre bandes ethniques. Observer d’ailleurs une partie de la communauté juive, jusqu’alors exemplaire dans son assimilation, se refermer sur elle-même témoigne de l’échec du métissage des cultures, vanté y compris par une droite aveugle. "Il n’y a pas de dérive communautariste", assure Dominique Paillé, au nom de l’UMP. En réalité, la guerre des rues, que Christian Jelen annonçait dès 1999 (1), est bien là.

Une étude de la police judiciaire, publiée mardi par Le Figaro, dévoile que les XVIIIe, XIXe, XXe arrondissements concentrent le tiers des violences parisiennes. La Seine-Saint-Denis affiche les sept premières places au palmarès des villes les plus dangereuses. Un processus de substitution de population y est à l’œuvre. "Il n’y a pratiquement plus de juifs à l’université de Saint-Denis ou de Villetaneuse", assure Rafaël Haddad, de l’Union des étudiants juifs de France.

Or, ces phénomènes de repliement, qui font craindre pour demain une libanisation de la société, continuent d’être ignorés. Pierre Moscovici (PS) estime qu’il "faut lutter contre l’antisémitisme", tout en trouvant "profondément injuste" la politique d’immigration. Tant que la gauche s’interdira de réfléchir aux conséquences de son laxisme, tant que la droite sera habitée par la culpabilité, l’intégration cumulera les échecs. La nation y résistera-t-elle?


Sous le joug d’une tyrannie
Une même indifférence des élites pour la nation explique la pesanteur de la construction européenne et la légèreté de la politique d’immigration de la France. Or, le souci que montrent les peuples, ces temps-ci, à protéger leur souveraineté est semblable à celui qu’ils ont de préserver leur unité et leur mode de vie. C’est pourquoi le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure des inquiétudes des Français qui redoutent que les phénomènes de peuplement ne fragilisent la cohésion sociale. Certes, Brice Hortefeux dit s’employer à réduire le regroupement familial et il s’est décerné, l’autre jour, un satisfecit. Mais quand, par exemple, il s’interdit, mercredi, d’appliquer la dernière directive européenne qui autorise des rétentions de dix-huit mois pour les clandestins (trente-deux jours en France), il montre un souci de ne pas trop froisser les droits-de-l’hommistes, soutenus par le PS, la gauche chic et la première dame de France, Carla Bruni.

La droite reste sous le joug de la tyrannie des bons sentiments, instrumentalisée par l’extrême gauche et les altermondialistes, qui viennent de recevoir le soutien du Vénézuélien Hugo Chavez dans leur combat pour les sans-papiers. Frédéric Lefebvre, un des porte-parole de l’UMP, est resté bien seul, cette semaine, pour affronter le Réseau éducation sans frontières (RESF), qu’il accuse d’avoir incité à la rébellion des clandestins de Vincennes, après le décès d’un Tunisien mort d’une crise cardiaque, samedi. C’est, en effet, au cours d’une manifestation non déclarée de ce mouvement devant le centre de rétention, dimanche, que plusieurs foyers d’incendies volontaires ont été déclenchés. "Menacer RESF de poursuites pénales, c’est tout simplement intolérable", estiment ses défenseurs, auxquels les socialistes se sont joints. Qui osera dire leurs quatre vérités à ces intouchables autoproclamés?

 

Le pouvoir des mots
Les mots peuvent beaucoup. Démonstration cette semaine, avec le remarquable équilibre que Nicolas Sarkozy a su construire, lors de son voyage en Israël, entre les intérêts des Israéliens et des Palestiniens. Tout en promettant de "barrer la route à tous ceux qui menacent Israël" et en multipliant les signes de proximité avec l’identité juive, le chef de l’État a renouvelé auprès des Palestiniens les positions défendues naguère par ses prédécesseurs au nom de la politique arabe de la France, et notamment le vœu de voir Jérusalem-Est, capitale du futur État palestinien. Cette habileté, applaudie par les juifs et les musulmans, porte en elle une partie de la solution aux tensions intercommunautaires qui s’exportent jusqu’à Paris. Mais le chef de l’État ne peut espérer, pour autant, faire l’économie des actes nécessaires au maintien de l’unité de sa propre nation.


"Où va la France?"
"Où va la France?": les familiers du bloc-notes (et les autres) peuvent retrouver les chroniques d’un an de campagne présidentielle (juin 2006-juin 2007) de votre serviteur, publiées sous ce titre par les Éditions de Passy.

 

(1) La guerre des rues, la violence et les jeunes, Plon

(2) Où va la France? Le bloc-notes de la présidentielle, Les éditions de Passy (collection l'Observatoire)

 

Je participerai ce week-end, et dès ce vendredi, aux " Causeries du Palais" organisées aux Sables d'Olonne (Vendée) sur le thème "Presse, Police, Justice", à l'occasion du 10  Festival Simenon.

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2008/06/blocnotes-la-france-confrontee.html

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