La culture islamique, facteur de sous-développement

Publié le par Chouan Bourguignon

Laurent Lagartempe, dans son livre « Histoire des Barbaresques », évoque les grands moments d’une entreprise qui vise à la domination du monde, et d’une menace dont la victoire des Latins à Lépante nous a pour un temps, délivrés. Il en analyse les ressorts, les implications sociales et évoque les heurts de civilisations nés de ces agressions. Des rives du Tigre et de l’Euphrate à Vienne et à Poitiers c’est parler de l’esclavage, des rapts, des caravanes de captifs, des bagnes et des sérails, et présenter de cette ” culture musulmane “, donnée encore en exemple par certains, un visage non plus correct ou conforme, mais plus proche du vrai.

Laurent Lagartempe propose à la fin de son ouvrage « dix leçons géo-anthropologiques » à tirer du passé. Une de ces leçons est intitulée la rupture islamique du gradient des progrès matériels. Extraits (p. 270-3):

L’islamisme arabe, flambeur de richesses et flambeur d’empires, manifeste une étonnante disposition à s’installer dans le sous-développement une fois que tout a été flambé. Au Ixe siècle, les anciennes provinces d’empires avaient déjà viré de la prospérité au sous-développement : l’ordre et la sécurité n’étaient pas revenus, l’activité productive s’était affaissée, l’économie ne reposait déjà plus que sur le commerce, l’esclavage et le brigandage. Dès cette époque, la Perse, la Mésopotamie, la Syrie, la Palestine, l’Egypte étaient dans un état proche de celui où les a trouvés Napoléon à la fin du XVIIIe siècle. Ces pays autrefois si prospères étaient devenus médiocres et n’allaient plus cesser de l’être. Ils étaient entrés dans une phase d’hibernation de mille ans, que n’interromprait aucun véritable sursaut économique, aucune tentative pour sauver la classe laborieuse du découragement et de la ruine. L’épisode des croisades, si profitable à l’Occident, aurait pu tout aussi bien profiter aux pays du Moyen Orient, si les royaumes islamiques avaient repris les modèles productifs ancestraux, que les royaumes catholiques ont continuellement intégré et perfectionné. Mais lorsqu’une classe dirigeante exogène prend l’habitude de vivre en premier lieu sur le butin (fey) du pays conquis, puis, lorsque le butin se fait rare, sur le racket () de la classe laborieuse, le processus de paupérisation est inexorablement engagé. Il aurait fallu pour remonter la pente l’inverse de ce que véhiculent la mentalité bédouine et le fatalisme coranique. En le négoce est affecté d’un fort coefficient de valeur morale, mais pas le travail productif. Vivre de commissions prélevées sur l’échange (bakchich) est honorable, mais pas « gagner son pain à la sueur de son front », et le travail manuel, méprisé, est considéré comme étant le lot des seuls esclaves. Lorsque, faute de moyens, le ralentit, lorsque l’expansion guerrière se heurte à des forces supérieures, alors le monde musulman se replie sur lui-même, s’isole de toute influence externe et adopte une posture de morne résignation, conforme à l’éthique puritaine et fataliste du Coran. Ce fut le cas à diverses reprises après chaque époque réputée « brillante » à Bagdad, en Egypte, au Maghreb, en Andalousie. En sortant le Moyen Orient de sa torpeur, les croisades provoquèrent un sursaut guerrier mais aucun sursaut économique. Après le retrait des francs, les pays se retrouvèrent aussi divisés, isolés ou sous-développés qu’avant leur arrivée, devenant des proies faciles pour l’envahisseur turc qui ne fit qu’accentuer leur déclin. (…)

On ne discerne avant l’ au Moyen Orient que deux sortes de mentalités bien typées qui s’opposent : nomades paléolithiques contre sédentaires néolithiques. L’ réalise cette gageure de récuser ensemble les deux mentalités néolithique et paléolithique. La prédilection bien connue des musulmans pour la condition de citadin pourrait leur conférer une typologie de super-néolithisants, mais en réalité l’excès de leur engouement pour le mode de vie citadin n’est que l’expression de leur excès de dédain envers les choses de la nature, sauvage aussi bien que domestiquée. La culture islamique, hostile au mode de vie bédouin, hérite cependant du mépris bédouin pour l’agriculteur. Le musulman, par essence citadin, est allergique à la charrue autant qu’à la houlette qui, de tout temps, furent les deux leviers de la richesse des anciennes nations. Pour n’avoir pas su reconnaître cette loi d’airain de l’histoire des sociétés antiques, les musulmans ont condamné les cités qu’ils se sont appropriées d’une dangereuse apesanteur économique. Ne rien produire soi-même de ce dont on vit, conduit à ne vivre que du négoce, de captages illégitimes de ce que produisent les autres et de cette forme d’exploitation de l’homme par l’homme, la pire de toutes, qu’est l’esclavage. A l’issue de chacune des récessions politico-économiques de la longue ascension des peuples méditerranéens vers le bien-être, il s’est toujours trouvé des royaumes ou des empires pour ouvrir à nouveau la voie du progrès, par des politiques de protection des classes laborieuses contre les prédateurs et les tricheurs de toutes catégories. Du VIIe siècles à ce jour, aucune politique islamique comparable ne s’est vraiment manifestée. Des provinces jadis prospères, restées sous le joug musulman, ont continué de végéter dans le sous-développement.

Laurent Lagartempe, Histoire des Barbaresques, Editions de Paris, 2005, ISBN-10: 285162153X

http://www.bivouac-id.com/2008/04/14/la-culture-islamique-facteur-de-sous-developpement/

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