Audit explosif sur les dépenses des eurodéputés

Publié le par Chouan Bourguignon

Le blog pro-UE de Mark Mardell, le correspondant bruxellois de la BBC, s'empare de l'affaire de l'audit secret. On doit la révélation de l'existence de ce rapport apparemment explosif à l'eurodéputé libéral anglais Chris Davies, à qui M. Mardell a pu parler.

En tant que membre du comité budgétaire, M. Davies a demandé à pouvoir avoir accès à l'audit des paiements aux assistants des eurodéputés.

Il a refusé de signer un engagement de confidentialité, mais a pu lire le rapport (qui porte sur les années 2004-2006) dans une salle fermée, avec interdiction de le copier ou même de prendre des notes.

M. Davies m'a dit qu'il n'y avait pour lui aucun doute : le rapport révèle une mauvaise gestion endémique et que des fraudes ont eu lieu.

Actuellement, les eurodéputés reçoivent un crédit de 130.000 livres pour payer leurs collaborateurs. Il semble que l'argent soit habituellement versé à une tierce partie, un pourvoyeur de services, qui, à son tour, paye les collaborateurs.

Le pourvoyeur est habituellement un cabinet de comptables ou un parti politique. M. Davies a déclaré que le rapport mettait en évidence qu'une partie du financement a été payé à des compagnies fictives. [...]

Une partie de l'argent a été versée à des membres des familles d'eurodéputés. Une partie a été payée à des partis politiques, et gardés par ces derniers, plutôt qu'utilisée à bon escient.

M. Davies a déclaré qu'il n'y avait aucun doute pour lui que certains devraient être envoyés en prison pour ces agissements, et a averti le bureau anti-fraude de l'UE.

Le correspondant du Telegraph (qui semble avoir été le premier sur l'affaire) revient lui aussi dessus sur son blog (pas de nouvelles révélations, mais des critiques sur la tentative par les dirigeants du Parlement de camoufler l'affaire en la qualifiant de "technique" au lieu de "politique").

En revanche, apparemment toujours rien sur l'affaire dans la presse française : zéro article sur l'aggrégateur News Google France, contre déjà 29 (dont un du New-York Times) sur la version anglaise.

Henri Védas

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