Dimanche 29 juin 2008

Dans le dernier numéro de l'Homme Nouveau, Pierre-Alexandre Bouclay démythifie Averroès, dans un dossier consacré à la polémique créée par l'ouvrage de Sylvain Gouguenheim :

"Averroès est systématiquement présenté comme un sage rationaliste préfigurant les Lumières. Son histoire est plus complexe. Il est un grand juriste, un juge – cadi, en arabe – de profession et un médecin. Sa philosophie est profondément empreinte de sa formation en droit islamique. C’est en juriste, par exemple, qu’il prêche la guerre sainte contre les chrétiens, à la grande mosquée de Cordoue. Et c’est en faisant appel à toutes les ressources du droit qu’il appelle les musulmans à quitter leurs occupations pour partir tuer les chrétiens.

Averroes2 C’est avec le même oeil de spécialiste du droit coranique et de juge qu’il aborde la philosophie grecque. Pour lui, les livres de philosophie doivent être « interdits au commun des hommes par les chefs de la communauté », car les fidèles risqueraient de mal les interpréter. Chaque lecture est interprétée à l’aune du « licite » et de l’« illicite ». Il écrit : « Nous, musulmans, nous savons de science certaine que l’examen par la démonstration n’entraînera nulle contradiction avec les enseignements apportés par le Texte révélé, car la vérité ne peut être contraire à la vérité,mais elle s’accorde avec elle et témoigne en sa faveur. » Incontestablement, Averroès a tenté d’allier le Coran avec la raison, mais il lui importait surtout de démontrer la supériorité du premier sur la seconde, celle-ci ne pouvant en entamer ni la nature de livre incréé et éternel, ni le contenu, celui de la Vérité suprême. Si l’on se trouvait en présence d’une contradiction philosophique avec le Coran, il estimait qu’il fallait recourir au sens caché du livre sacré : « interpréter le sens obvie » du Coran. C’était déjà trop pour le pouvoir almohade, régnant sur la « tolérante » Espagne arabo-musulmane : s’il y a contradiction, on brûle et on interdit. Averroès fut condamné en 1195. Ses doctrines furent interdites et ses livres brûlés. Le calife Al-Mansur le bannit à Lucène, le lieu d’exil des Juifs, ce que le juge prit, assez peu philosophiquement, pour une terrible humiliation. Car Averroès était un homme de son temps. Voir en lui un athée ou agnostique, voire – presque pire – un esprit tolérant, serait un anachronisme total et une grave offense faite à sa mémoire."

http://lesalonbeige.blogs.com/

par Chouan Bourguignon
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Vendredi 27 juin 2008

À quoi bon le taire? Une partie de l’immigration extra-européenne est à la source des tensions qui font l’actualité. Revendications identitaires et affrontements urbains résultent d’une même politique impensée depuis des décennies. La gauche, qui reproche à la droite ses expulsions, en est à défendre les clandestins qui ont incendié le centre de rétention de Vincennes. François Fillon assure que ce geste ne remettra pas son action en cause. Encore heureux!

 Entendre les Verts s’indigner de la "montée de la violence dans nos quartiers", après l’agression antisémite d’un jeune de 17 ans, samedi dans le XIXe arrondissement de Paris, illustre l’irresponsabilité des immigrationnistes qui demandent d’autre part la remise en liberté des sans-papiers interpellés. Pour avoir toujours incité aux protections exclusives des minorités et à leurs revendications, ils sont coresponsables de l’implantation du communautarisme et de ses désordres.

Rudy, qui portait la kippa, a été lynché par de jeunes Africains, à l’issue d’affrontements rituels entre bandes ethniques. Observer d’ailleurs une partie de la communauté juive, jusqu’alors exemplaire dans son assimilation, se refermer sur elle-même témoigne de l’échec du métissage des cultures, vanté y compris par une droite aveugle. "Il n’y a pas de dérive communautariste", assure Dominique Paillé, au nom de l’UMP. En réalité, la guerre des rues, que Christian Jelen annonçait dès 1999 (1), est bien là.

Une étude de la police judiciaire, publiée mardi par Le Figaro, dévoile que les XVIIIe, XIXe, XXe arrondissements concentrent le tiers des violences parisiennes. La Seine-Saint-Denis affiche les sept premières places au palmarès des villes les plus dangereuses. Un processus de substitution de population y est à l’œuvre. "Il n’y a pratiquement plus de juifs à l’université de Saint-Denis ou de Villetaneuse", assure Rafaël Haddad, de l’Union des étudiants juifs de France.

Or, ces phénomènes de repliement, qui font craindre pour demain une libanisation de la société, continuent d’être ignorés. Pierre Moscovici (PS) estime qu’il "faut lutter contre l’antisémitisme", tout en trouvant "profondément injuste" la politique d’immigration. Tant que la gauche s’interdira de réfléchir aux conséquences de son laxisme, tant que la droite sera habitée par la culpabilité, l’intégration cumulera les échecs. La nation y résistera-t-elle?


Sous le joug d’une tyrannie
Une même indifférence des élites pour la nation explique la pesanteur de la construction européenne et la légèreté de la politique d’immigration de la France. Or, le souci que montrent les peuples, ces temps-ci, à protéger leur souveraineté est semblable à celui qu’ils ont de préserver leur unité et leur mode de vie. C’est pourquoi le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure des inquiétudes des Français qui redoutent que les phénomènes de peuplement ne fragilisent la cohésion sociale. Certes, Brice Hortefeux dit s’employer à réduire le regroupement familial et il s’est décerné, l’autre jour, un satisfecit. Mais quand, par exemple, il s’interdit, mercredi, d’appliquer la dernière directive européenne qui autorise des rétentions de dix-huit mois pour les clandestins (trente-deux jours en France), il montre un souci de ne pas trop froisser les droits-de-l’hommistes, soutenus par le PS, la gauche chic et la première dame de France, Carla Bruni.

La droite reste sous le joug de la tyrannie des bons sentiments, instrumentalisée par l’extrême gauche et les altermondialistes, qui viennent de recevoir le soutien du Vénézuélien Hugo Chavez dans leur combat pour les sans-papiers. Frédéric Lefebvre, un des porte-parole de l’UMP, est resté bien seul, cette semaine, pour affronter le Réseau éducation sans frontières (RESF), qu’il accuse d’avoir incité à la rébellion des clandestins de Vincennes, après le décès d’un Tunisien mort d’une crise cardiaque, samedi. C’est, en effet, au cours d’une manifestation non déclarée de ce mouvement devant le centre de rétention, dimanche, que plusieurs foyers d’incendies volontaires ont été déclenchés. "Menacer RESF de poursuites pénales, c’est tout simplement intolérable", estiment ses défenseurs, auxquels les socialistes se sont joints. Qui osera dire leurs quatre vérités à ces intouchables autoproclamés?

 

Le pouvoir des mots
Les mots peuvent beaucoup. Démonstration cette semaine, avec le remarquable équilibre que Nicolas Sarkozy a su construire, lors de son voyage en Israël, entre les intérêts des Israéliens et des Palestiniens. Tout en promettant de "barrer la route à tous ceux qui menacent Israël" et en multipliant les signes de proximité avec l’identité juive, le chef de l’État a renouvelé auprès des Palestiniens les positions défendues naguère par ses prédécesseurs au nom de la politique arabe de la France, et notamment le vœu de voir Jérusalem-Est, capitale du futur État palestinien. Cette habileté, applaudie par les juifs et les musulmans, porte en elle une partie de la solution aux tensions intercommunautaires qui s’exportent jusqu’à Paris. Mais le chef de l’État ne peut espérer, pour autant, faire l’économie des actes nécessaires au maintien de l’unité de sa propre nation.


"Où va la France?"
"Où va la France?": les familiers du bloc-notes (et les autres) peuvent retrouver les chroniques d’un an de campagne présidentielle (juin 2006-juin 2007) de votre serviteur, publiées sous ce titre par les Éditions de Passy.

 

(1) La guerre des rues, la violence et les jeunes, Plon

(2) Où va la France? Le bloc-notes de la présidentielle, Les éditions de Passy (collection l'Observatoire)

 

Je participerai ce week-end, et dès ce vendredi, aux " Causeries du Palais" organisées aux Sables d'Olonne (Vendée) sur le thème "Presse, Police, Justice", à l'occasion du 10  Festival Simenon.

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2008/06/blocnotes-la-france-confrontee.html

par Chouan Bourguignon
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Mardi 10 juin 2008

L’histoire est incroyable et pousse la manipulation politique au rang d’art. En 1983, alors que la droite pleure la présidentielle perdue de 1981, un mystérieux Caton, présenté comme «un grand dirigeant de la droite», jette un pavé dans la mare avec un violent pamphlet contre son propre camp, «De la reconquête».

Le livre est un véritable best-seller. L’auteur finit par faire son coming out sur le plateau de Bernard Pivot. Et surprise, il ne s’agit pas d’un dirigeant de la droite mais d’André Bercoff, un journaliste alors étiqueté à gauche. Jacques Attali, conseiller de François Mitterrand, reconnaîtra plus tard qu’il s’agissait d’une manœuvre politique orchestrée par sa cellule à l’Elysée.

Mais oui, c’est bien la voix de François Hollande…

Cette vieille affaire a rebondi cette semaine sur le plateau de Canal + quand le chroniqueur politique Jean-Michel Apathie a révélé les bandes d’une interview radio donnée par le mystérieux «Caton». André Bercoff n’avait pas souhaité passer sur France Inter, de peur que ses confrères journalistes reconnaissent sa voix. Il envoie donc au front un jeune inconnu, membre de la cellule Attali à l’Elysée, un certain François Hollande…

par Chouan Bourguignon
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Mardi 3 juin 2008
par Chouan Bourguignon
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Mardi 3 juin 2008

A Birmingham, un policier de proximité musulman a ordonné à deux évangélistes (chrétiens) d’arrêter de distribuer des extraits de la bible parce qu’ils étaient dans une “zone musulmane”.
L’agent musulman leur a déclaré qu’ils ne pouvaient pas prêcher dans ce quartier et que tenter de convertir les musulmans était une incitation à haine. «Si vous revenez ici et que vous vous faites taper dessus, je vous aurais prévenu. »

«Il s’est rendu compte que nous étions Américains et a commencé à fulminer contre nous à propos de George Bush et de la politique américaine» a déclaré M. Cunningham, 48 ans, missionnaire de l’Église Baptiste américaine. «Il a dit que nous étions dans une zone musulmane et que nous n’étions pas autorisés à diffuser le message chrétien. Il a dit qu’il allait nous emmener au poste. Il s’est montré très intimidant. Je suis abasourdi». Mais l’Angleterre est sauvée : le policier s’est vu offert une session de rattrapage sur les incitations à la haine et des conseils sur comment mieux communiquer…

Source (en Anglais) : http://www.telegraph.co.uk/news/uknews/2058935/Police-advise-Christian-preachers-to-leave-Muslin-area-of-Birmingham.html

par Chouan Bourguignon
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Dimanche 1 juin 2008

Deux jours d’émeutes à Oran : la ville s’est embrasée, les jeunes se sont répandus dans les quartiers, saccageant les édifices publics, les sièges de banque, pillant des commerces, s’attaquant à des salles de cinéma… Au moins une centaine de blessés, dont plusieurs policiers.

Le vent de la révolte contre la dictature ? contre le chômage ? contre l’islamisation ? contre un pouvoir incapable et corrompu ? Non, parce que le club de foot passe en 2e division.

http://www.leparisien.fr/home/info/politique/articles/ORAN-SACCAGE-PAR-LES-EMEUTIERS-DU-FOOT_298531296

par Chouan Bourguignon
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Vendredi 30 mai 2008

 

Voilà un homme hors du commun. Il a allègrement dévoré trois quarts du siècle, il s'est fait remarquer par Boris Vian et Raymond Queneau, il a bossé avec Léo Ferré et Jacques Brel, il a fait des virées avec Gainsbourg ou Nougaro (eh oui !), il est un des mammouths de la télé française et il conserve une fraîcheur juvénile, une affabilité touchante, de celui qui ne désespère jamais de l'humanité. Et c'est ce qu'il veut transmettre dans ses films. Navarro, l'Instit, Quai n° 1, Les Cœurs Brûlés, Le Château des Oliviers, Les Ritals, c'est lui et...

Aujourd'hui, c'est le Tuteur ?

Oui, c'est une nouvelle façon de faire de la télé. En trois dimensions. Avec des personnages qui ont de l'épaisseur. Ce rôle, c'est un vrai tuteur qui m'a aidé à le construire. Roland Magdane est très bien, car il n'est pas angélique. C'est un grand costaud, Magdane, il fait 1,85 m et s'il vous envoie une poire !.. Et puis, il y a l'histoire de ce garçon adopté. Les gens l'adorent, ce garçon, il a déjà plein de fans. Voyez-vous, j'ai inventé ce personnage parce que, moi aussi, j'ai recueilli un garçon...

C'est un nouveau genre de héros ?

Je crois que le public attendait cela. La télé fait du surplace : on passe du juge au proc, du proc à l'avocat, mais c'est toujours la même chose. Maintenant, le Tuteur marche très fort. On va faire quatre films par an.

Au fait, est-il vrai que la série l'Instit fut inspirée par Mitterrand ?

Oui, via Roger Hanin. Il lui a dit : « Demande à ton ami Grimblat d'inventer quelque chose pour stopper le Front National ». C'était dans les années 83-84, il avait peur d'un raz de marée. Alors, je me suis souvenu de la communale, du fronton avec Liberté-Egalité-Fraternité, mais surtout de mes vieux instits. Ils m'ont bien aidé. Je me plais à dire que je suis commandeur des Arts et Lettres avec bac moins cinq !

Quel jugement vous portez sur les autres séries télé ?

C'est trop souvent glauque. Je ne voudrais pas remettre des gens qui n'ont pas une bonne journée dans une ambiance glauque. Après leur travail, il faut leur apporter un moment de bonheur, les sortir de la réalité. Pour moi, le Tuteur, c'est un hymne à la vie. Les séries télé, cela doit être un bonheur de rechange. Mon but est que le téléspectateur soit un petit peu plus heureux après avoir regardé un de mes films que ce qu'il n'était avant.

Recueilli par

Dominique Delpiroux

 

http://www.ladepeche.fr/article/2004/04/06/248572-Pierre-Grimblat-fabricant-de-bonheur.html

par Chouan Bourguignon
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Mercredi 14 mai 2008

Extrait d'une tribune d'Eric Zemmour :

"les soixante-huitards [...] réussirent dans la publicité, les médias, la communication. [...] Ils furent les fers de lance du nouveau capitalisme, qui reposait sur la consommation, et non plus sur l'épargne, l'hédonisme et non le puritanisme, l'individualisme et non plus la famille. [...] Dès 1978, Régis Debray montrait comment les libertaires soixante-huitards, en détruisant la famille patriarcale, la nation, l'Etat, les frontières, avaient abattu les derniers remparts à la domination du marché.

Avec beaucoup plus d'efficacité que les révolutionnaires soixante-huitards, les patrons du CAC 40 et leurs délocalisations, les technocrates de Bruxelles et de l'OMC, imposeraient partout la mort des frontières et l'affaiblissement des Etats. Et rétabliraient ainsi des taux de profit minés par l'inflation et la hausse des salaires.

C'est ainsi que nos « enragés de mai » jouèrent le rôle finalement peu enviable - mais très profitable à la carrière de ses figures les plus médiatiques - « d'idiots utiles » du capitalisme."

par Chouan Bourguignon
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Mardi 13 mai 2008
La barrière de la langue est la plus insurmontable pour les idées nouvelles. Depuis bientôt six mois, le premier livre de Jonah Goldberg, Liberal Fascism (Doubleday, 2007), provoque des débats et influence la réflexion politique en langue anglaise, sans que le moindre écho de ces disputes ne soit, à ma connaissance, apparu en français.

Le caractère novateur du livre de Goldberg – dont le titre signifie littéralement « Fascisme de gauche », mais serait mieux traduit par « Le fascisme et la gauche » – est d’autant plus frappant qu’il ne s’appuie sur aucune recherche historique de première main. Goldberg s’est contenté de relire – dans le détail – les sources historiques disponibles. Il y a trouvé des textes sans appel, délibérément négligés par la plupart des historiens, qui obligent à repenser entièrement la présentation habituelle du fascisme.
Pour Goldberg, deux erreurs majeures accompagnent les descriptions du fascisme.
La première erreur a été de réinterpréter trop largement le mot « fascisme » pour l’appliquer à tout ce que l’on trouve indésirable – ou, plus exactement, « tout ce que la gauche n’aime pas ». Des personnalités américaines ont ainsi qualifié de « fasciste » le pouvoir des entreprises privées sur la société, alors que le fascisme historique a toujours imposé aux entreprises de servir les intérêts de l’Etat. A l’inverse, des comportements objectivement proches du fascisme historique ne reçoivent pas cette qualification lorsque, pour une raison ou pour une autre, leurs auteurs sont respectés ou populaires ou s’ils font partie d’une coalition politique de gauche. Goldberg cite l’exemple, assez difficilement contestable, d’importants groupes de représentation des Hispaniques américains, dont l’un a adopté pour slogan « tout pour la race, rien en-dehors de la race » tandis que l’autre s’appelle tout simplement « La Race » (La Raza).
Le renversement du sens des mots provoque des situations assez paradoxales. Par exemple, un dictateur totalitaire et corporatiste comme Castro, très proche du modèle historique du fascisme, ne se verra jamais qualifié comme tel. A l’inverse, des dirigeants respectueux de la démocratie et soucieux de réduire le rôle de l’Etat (deux choses qui les opposent directement à tous les fascismes), comme Thatcher ou Reagan, se sont vus régulièrement accuser de fascisme par des esprits pourtant cultivés et sophistiqués.
Pour sortir de cette confusion, Goldberg propose, sinon une définition unique, du moins une série d’indices qui permettent de reconnaître les mouvements fascistes. Le fascisme n’est pas « tout ce que la gauche désapprouve » : il est un mouvement politique totalitaire et national (mais pas toujours nationaliste), qui cherche à surmonter les divisions nationales en imposant, par la force, une solidarité dont les termes sont imposés par l’Etat. Il est opposé à tous les contre-pouvoirs – économiques, familiaux et religieux, par exemple – qui limitent le pouvoir de l’Etat sur l’individu. Pour cette raison, il est également hostile à un usage excessif de la raison et lui préfère le culte de l’action : le raisonnement, après tout, provoque des débats et des opinions divergentes, dangereuses à la fois pour l’unité nationale et pour le pouvoir des gouvernants. Enfin, le fascisme n’est pas toujours opposé aux élections – mais seulement à condition que ces élections produisent le résultat attendu, sans quoi elles seront truquées ou annulées. Goldberg multiplie les exemples éclairants d’interventions de l’Etat, dans l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, dans des domaines précédemment considérés comme privés : qualité de la nourriture, organisation des relations entre patrons et employés, etc.
Au-delà de ces points communs, le fascisme peut varier d’un pays à l’autre dans le détail de son idéologie. Le national-socialisme allemand était antisémite et génocidaire, mais le fascisme italien ne l’était pas. Le franquisme espagnol était catholique ; le national-socialisme était fermement anti-chrétien.




Jonah Goldberg remet à l’heure les pendules de l’histoire

Après avoir rétabli une définition à peu près rigoureuse du fascisme, Goldberg passe à la deuxième – monumentale – erreur historique qui entoure sa présentation. Parce que le fascisme est devenu, à la fin des années 1930 et 1940, l’objet d’une hostilité profonde de la gauche européenne, il est encore aujourd’hui présenté comme un mouvement de droite. Or, Goldberg démontre de manière incontestable que ses origines intellectuelles sont profondément ancrées dans la gauche et dans l’hostilité au conservatisme.
Mussolini était, avant la Première guerre mondiale, une étoile montante du socialisme italien, rédacteur en chef du journal officiel du parti, Avanti !. Expulsé du parti pour avoir pris parti pour la guerre, il était loin d’être le seul socialiste belliciste en Europe (les députés socialistes allemands, par exemple, votèrent les crédits de guerre). Son hérésie était donc bien limitée, et sa dernière déclaration après son expulsion fut : « je suis et resterai socialiste et mes convictions ne changeront jamais ».
Le national-socialisme allemand – comme son nom l’indique – avait, lui aussi, ses sources intellectuelles à gauche, même si Goldberg estime qu’Hitler lui-même n’avait pas d’idéologie bien définie, à l’exception de sa haine meurtrière des Juifs. La montée des nationaux-socialistes au pouvoir s’est appuyée sur une rhétorique anticapitaliste et antibourgeoise constante et manifestement sincère.
Le programme du parti d’Hitler, en 1920, co-rédigé par Anton Drexler et Hitler, et porté en annexe au livre de Goldberg, appelait notamment à une réforme agraire, à la confiscation des profits de guerre, au partage des profits économiques avec les travailleurs, à l’augmentation des prestations sociales et à l’interdiction du travail des enfants.
L’origine du fascisme à gauche ne diminue en rien la gravité du schisme qui l’a séparé de sa famille d’origine, d’abord graduellement, pendant les années 1930, puis définitivement, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les mouvements de gauche non fascistes ont choisi soit le camp des démocraties, soit celui de l’URSS (deux camps qui se trouvaient momentanément alliés) et le fascisme est devenu l’ennemi irréductible de la gauche occidentale.
Goldberg ne nie pas l’importance de cette séparation. Il montre cependant que l’existence d’une origine commune est très visible, jusqu’au début des années 1930, par les signes de respect et de sympathie mutuelle que s’adressaient les deux camps. Le grand penseur socialiste anglais George Bernard Shaw exprima son admiration pour Mussolini puis Hitler – avant de se ranger derrière… Staline. L’écrivain et socialiste américain H.G. Wells appelait encore, en 1932, les progressistes américains à se comporter en « fascistes de gauche » et en « nazis éclairés », sans que personne n’y ait trouvé à redire. W.E.B DuBois, grande figure de la gauche américaine et précurseur du mouvement de libération des Noirs, faisait encore un éloge nuancé de l’Allemagne hitlérienne en 1937. Et ainsi de suite.
L’auteur montre une coexistence étroite entre idéaux de gauche et idéaux fascistes – une sorte de source commune aux deux idéologies – dans la présidence de guerre de Woodrow Wilson, puis dans l’action économique de Franklin D. Roosevelt, au cours du New Deal des années 1930.
Wilson et son mouvement de « progressistes » partageaient avec les fascistes le mépris des contre-pouvoirs inscrits dans la Constitution américaine et l’éloge du chef, qui, selon ses propres mots, « utilise les masses comme des outils … il fournit le pouvoir, les autres fournissent seulement la matière sur laquelle ce pouvoir agit (…) les hommes sont de l’argile dans les mains du chef habile » (W. Wilson, Les dirigeants, 1890).
Devenu Président, Wilson fut fidèle à ses principes. Après l’entrée en guerre de l’Amérique en 1917, les lois sur l’espionnage et la sédition, de 1917 et 1918, permirent d’emprisonner l’auteur de toute critique du gouvernement, même prononcée dans sa propre maison. Une police secrète de 250.000 membres, la Ligue de Protection Américaine, ou APL, fut créée pour surveiller la population et faire rapport sur les comportements suspects. Environ 175 000 Américains furent ainsi arrêtés, et plusieurs milliers envoyés en prison, pour avoir manqué de patriotisme en paroles ou en actes. Il y a donc une certaine ironie à ce que la gauche américaine d’aujourd’hui, qui prétend craindre le recul des libertés publiques sous Bush, continue à honorer en Woodrow Wilson, l’un des ses pères fondateurs.
Quant à Franklin Roosevelt, il n’est pas seulement l’auteur de la politique de redistribution et de grands travaux du New Deal ; il reconnaissait lui-même la parenté entre sa politique économique et celle de Hitler (en ajoutant « mais nous faisons ces choses de manière ordonnée »…). Les nationaux-socialistes retournaient d’ailleurs le compliment : Goldberg a retrouvé un article du Völkischer Beobachter félicitant Roosevelt pour avoir «éliminé la frénésie incontrôlée du marché ». Comme en Allemagne – mais avec plutôt moins de succès en termes de croissance – l’économie fut redémarrée par une augmentation artificielle des prix et la mise en place d’un contrôle étatique sur l’économie afin de donner une priorité absolue au redémarrage de l’emploi, même improductif. Des commerçants furent jetés en prison pour avoir osé vendre à des prix plus bas que ceux ordonnés par le gouvernement. Le père Christopher Coughlin, un démagogue aujourd’hui considéré comme l’un des rares authentiques fascistes américains, soutenait Roosevelt jusqu’en 1934 et fut pressenti un moment pour le poste de Secrétaire au Trésor (ministre des Finances).
Tous ces exemples ne font certes pas de Wilson ou Roosevelt des fascistes, mais ils montrent qu’il n’y eut longtemps pas de distinction claire entre les ambitions de la gauche moderne (une extension démocratique des pouvoirs de l’Etat pour aider les plus défavorisés et éclairer les populations) et le programme fasciste d’extension autoritaire de ces mêmes pouvoirs, pour imposer à la société une solidarité forcée et faire taire les dissidents par la force ou l’intimidation.
Ce passé refoulé a-t-il encore un intérêt dans le monde contemporain ? Oui, répond Goldberg, parce que l’ignorance ou le refus de l’histoire réduisent les capacités de résistance de la gauche contemporaine à la tentation autoritaire ou totalitaire. Des brutes totalitaires, comme Castro, hier, ou Chavez, aujourd’hui, n’ont rien d’autre à faire que d’entonner quelques thèmes de gauche pour obtenir l’absolution, et souvent l’admiration, des partis occidentaux de la gauche démocratique.
Pour prendre un autre exemple, la gauche de langue anglaise, au début du vingtième siècle, était massivement favorable au mouvement eugéniste, qui visait à réduire, par la force, la natalité des groupes « inférieurs » ; si la liste de ces groupes varie d’un auteur à l’autre, elle comprend, le plus souvent, à la fois des classes sociales, des groupes raciaux (Sidney Webb cite par exemple « les Irlandais et les Juifs ») ainsi que les simples d’esprit. Goldberg aligne longuement les citations accablantes de Woodrow Wilson, George Bernard Shaw, John Maynard Keynes, Sidney et Beatrice Webb, Aldous Huxley… La gauche d’aujourd’hui a certes abandonné cette idéologie, qu’elle partageait à l’époque avec les fascistes, mais elle continue à placer dans son panthéon les eugénistes les plus répugnants – comme Margaret Sanger, pionnière de la libération sexuelle et avocate d’une politique d’avortement des bébés noirs pour limiter la croissance de la population noire américaine.
Parce qu’elle refuse de reconnaître ce cousinage fasciste dans son passé, la gauche contemporaine reste vulnérable à la tentation totalitaire. Dans le débat des idées, les propositions qui tendent à éliminer totalement l’adversaire viennent presque toujours de penseurs de gauche. On peut compter dans cette catégorie les appels à l’éradication des religions ; à la fin de l’autorité des parents sur leurs enfants ; à la suppression des classes les plus riches par la création d’un impôt confiscatoire ; à la suppression de l’Etat d’Israël comme Etat des Juifs ; ou, tout simplement, à « changer le monde » (ce qui ne peut pas se faire sans faire disparaître, par définition, le monde actuel)… Plus récemment, au nom de la lutte contre le changement climatique, on a vu se multiplier les imprécateurs exigeant que des civilisations entières changent radicalement leur mode de vie et que l’Etat impose ces changements par la force.
Derrière toutes ces ambitions de réformes radicales (portées par des hommes et des femmes qui se croient l’opposé exact des fascistes historiques) rôdent inévitablement, si l’on voulait les prendre au sérieux, le mépris de l’autre, la menace de la contrainte et de la violence, qui définissent l’atmosphère d’une société fasciste. Ceux qui avancent ces propositions ne le voient pas – ou, le plus souvent, font semblant de ne pas le voir. Mais si la gauche s’imposait à elle-même le devoir de mémoire qu’elle exige des autres, une parenté claire apparaîtrait entre ses dérives d’hier et celles où elle risque de s’engager demain.
par Chouan Bourguignon
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Mardi 13 mai 2008
"C'était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s'arrêtaient au dernier stade («mes parents ne veulent pas», «je veux rester vierge pour le mariage»). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale... (...) Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu'il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles."
Pascal Bruckner (in L'Express, 15.08.2002)
 

Mai 68, événement symbole de la libération sexuelle et des perversions. Le journaliste et essayiste Jean-Claude Guillebaud écrit dans Sud-Ouest à propos de la pédophilie : "Des crétins dans le vent allaient jusqu'à vanter la permissivité en ce domaine, sans que cela ne suscite beaucoup de protestations". Dans L'Humanité, Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny et responsable de l'Association pour la promotion de la citoyenneté des enfants et des jeunes, expliquait en 1997, l'inertie de la société : "La justice et la police du pays sont à l'image d'un peuple. Il y a quelques années, tout le monde se gobergeait à écouter l'écrivain Matzneff qui racontait dans une émission de Bernard Pivot comment il aimait bien faire l'amour avec des gamines de douze-treize ans, "le sel de sa vie sexuelle", disait-il. Les Français que nous sommes n'ont pas d'un seul bloc fermé leur poste de télévision et contesté la parole de Matzneff. Tout le monde a plus ou moins entendu cette "sexualité différente" qui, somme toute ferait partie "du libre choix des uns et des autres". Aujourd'hui, on parle enfin de crime contre l'humanité."

En 1977, plusieurs intellectuels signent une pétition en faveur d'inculpés maintenus en détention provisoire pendant trois années dans une affaire de pédophilie. Les signataires s'appellent Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Roland Barthes, Francis Ponge, André Glucksmann, Bernard Kouchner, François Chatelet, Patrice Chéreau, Philippe Sollers, Félix Guattari, Jack Lang... Si le journal Le Monde qui a publié cette pétition, fait aujourd'hui son autocritique, Libé joue sur les deux tableaux : Serge July avoue que son journal a "légitimé des pratiques parfois criminelles". Mais c'est encore Libération qui publie les cris outrés de Philippe Sollers parlant d'une "offensive de droite ou réactionnaire".

http://alainescada.hautetfort.com/archive/2008/05/13/mai-68-tout-le-monde-couchait-avec-tout-le-monde.html

"Michel Polac, journaliste et écrivain, ancien chroniqueur à l'hebdomadaire gauchiste Charlie-Hebdo, fut en 1968 l'un des organisateurs de la grève de l'ORTF. Dans l'un de ses livres, il parle de son expérience homosexuelle et... pédophile !"

"Romain Goupil - Cinéaste, socialiste, ancien membre de la Ligue communiste révolutionnaire. «J'ai envie de dire: oui, je suis pédophile!»"

par Chouan Bourguignon
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