Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 23:41

Pour les 30 ans de l’abolition de la peine de mort, le 30 septembre 1981, nous publions en intégralité le chapitre sur la peine de mort issu du Petit dictionnaire des débats interdits mais légaux de Jean Robin, paru en 2010 dans un silence médiatique assourdissant. Ce livre, qui a requis 3 ans de travail, est pourtant le seul qui traite de 16 des sujets les plus interdits de débat bien que légaux, dont la peine de mort, l’avortement, sortir de l’Union européenne, démontrer scientifiquement l’existence du paranormal, la critique de l’islam, la corrida, les complots, la pédophilie et tant d’autres.

Définition :
« L’article 6 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) définit strictement la peine de mort comme une condamnation résultant d’une décision de Justice rendue par un tribunal régulière-ment constitué et conformément aux règles du procès équitable. Elle est prévue par le code pénal de l’Etat qui l’applique. » Amnesty International

Niveau d’interdiction : 4
(1 = minimum ; 5 = maximum)

Historique :
Le débat public sur la peine de mort est de plus en plus interdit depuis l’abolition de la peine de mort en France, le 9 octobre 1981.

Point de Godwin :
Les personnes favorables à la peine de mort sont souvent comparées à des nazis qui asphyxiaient les juifs dans les chambres à gaz avant de les faire brûler dans les fours crématoires.

Les invectives :
Ceux qui osent dire publiquement qu’ils sont pour la peine de mort sont qualifiés de monstres, d’assassins, d’inhumains, d’égoïstes, d’attardés, d’insensibles, et, last but not least, d’être contre les droits de l’homme.

Modalités de l’interdiction :
L’auto-censure principalement.
Comme se prononcer en faveur de la peine de mort revient au mieux à recevoir des insultes, au pire à se suicider socialement, ceux qui le pensent ne l’expriment pas publiquement. 
La question n’est donc plus jamais débattue publiquement, et présentée uniquement pour fustiger les pays où la peine de mort n’est pas encore abolie.
Chantel Delsol : « Pour qu’il y ait pluralisme, il faut qu’il y ait acceptation de débat. Est-ce que le débat est possible, dans un pays comme le nôtre ? L’autre jour j’ai vu un livre qui vient de paraître aux Etats-Unis, qui défend la peine de mort. Moi je ne suis pas spécialement pour la peine de mort, même pas du tout mais enfin, vous imaginez qu’un livre comme celui-là paraisse en France, argumenté, à partir de Hegel, etc. Les libraires ne le diffuseraient pas. Pour qu’il y ait pluralisme, il faut qu’il y ait vraiment pluralité.
Alain Finkielkraut : Je me souviens d’un débat, qui a d’ailleurs été publié, dans les Dit et écrit de Michel Foucault, dans l’Observateur au début des années 70, entre Badinter, Foucault et Laplanche. Et Jean Laplanche défendait la peine de mort. Il défendait disons sur un plan symbolique : il y a un crime qui doit rester différent de tous les autres, pour qu’on n’entre pas justement dans une sorte de continuité du crime. Aujourd’hui ce serait littéralement impossible. » France Culture, Répliques du 30 décembre 2000

Pourquoi le débat est-il interdit :
Robert Badinter est la personnalité (avec François Mitterrand) qui a permis à l’abolition de la peine de mort d’être mise en œuvre dans notre pays. Lors du procès de Patrick Henry, un des principaux arguments de M. Badinter pour atteindre ce but fut de convaincre l’opinion publique que l’on ne pouvait pas à la fois être pour la peine de mort et pour les droits de l’homme.
Les droits de l’homme étant devenus une véritable institution morale en France, le débat sur la peine de mort est passé d’ouvert avant son abolition, à verrouillé après. Ce nouveau manichéisme renvoyait d’un côté les bons, de l’autre les méchants, empêchant tout argument rationnel ou pas d’avoir une chance de se faire entendre. Ce qui a fait dire non sans ironie à René Barjavel : ” Les adversaires de la peine de mort guillotineraient volontiers les partisans de la peine de mort.”

Les arguments interdits :
1. La peine de perpétuité est tout aussi inhumaine : c’est condamner à vivre, tout en sachant qu’on ne sortira jamais. En prison à perpétuité, le condamné perd le peu d’humanité qui lui restait, et devient un animal.

2. Un meurtrier, un violeur etc. n’a jamais l’impression d’avoir fait du mal, on ne peut attendre qu’il mette lui-même un terme à ses jours.
“Outre le fait qu’il considère qu’il “n’y a pas de victimes innocentes” du terrorisme, Carlos se vante de ses actes et répète son admiration pour Ben Laden.” AFP | 10.03.04 | 17h04, “Enquête préliminaire sur l’interview de Carlos à M6″

3. Il n’existe aucune garantie que les condamnés à mort ou à perpétuité (selon les pays) ne commettront pas à nouveaux leurs crimes s’ils sortent, même très vieux. Mieux vaut supprimer totalement cette probabilité, même si elle est infime.
“Avec l’arrestation samedi pour trafic de drogue de Patrick Henry sur une autoroute espagnole, c’est un espoir qui s’effondre : celui de la réinsertion des grands assassins. Refusée par la garde des Sceaux Elisabeth Guigou, objet d’une vive polémique, sa libération conditionnelle l’an dernier avait symbolisé la chance de rédemption offerte à tout condamné. Mais voilà que sa chute est pitoyable. Elle révèle que cet homme de 48 ans, autrefois le plus haï de France pour avoir étranglé un enfant de 7 ans, sauvé de la guillotine par le talent de son avocat, restera prisonnier de ses déviances à tout jamais.” La Provence, édito de Philippe Schmit, “Patrick Henry a tout gâché”, mercredi 16 avril 2003

4. Mieux vaut une erreur judiciaire et la condamnation à mort d’un suspect, que la mort de nouvelles victimes qui n’auront même pas eu la chance de passer devant un tribunal. Il y aura toujours plus de victimes de récidivistes libérés après une peine plus ou moins longue, que de condamnés à mort par erreur. D’autant que pour être condamné à mort un certain nombre d’éléments, dont la préméditation, devaient être démontrés, donc la probabilité de l’erreur judiciaire est infime. Une erreur judiciaire est une erreur judiciaire. Un condamné à mort par erreur n’est pas pire, loin de là, qu’un condamné à perpétuité par erreur. La question de la condamnation des innocents n’est pas celle de la peine de mort, mais de la faillibilité de la justice.
« Jean-Luc Blanche, 45 ans, interpellé dimanche à Reims, a reconnu lors de sa garde à vue à Charleville-Mézières (Ardennes) avoir commis quatre viols depuis sa sortie de prison en septembre 2002. Selon les enquêteurs, trois autres viols pourraient également lui être attribués. Condamné en 1992 à 20 ans de réclusion criminelle par les cours d’assises du Calvados et de l’Essonne pour quatre viols, il avait été libéré après avoir bénéficié de remises de peine et de grâces. Durant sa période de liberté, l’homme avait fait l’objet d’une enquête pour “agression sexuelle”, après la plainte déposée par son ancienne concubine concernant des faits qui auraient été commis sur sa fille âgée de 9 ans. Saisi d’une demande d’incarcération par le juge d’instruction chargé de ce dossier, le juge des libertés et de la détention (JLD) de Charleville-Mézières avait alors décidé de laisser le suspect en liberté sous contrôle judiciaire.” Métro, quotidien gratuit, vendredi 12 septembre 2003

5. Pour un criminel qui deviendra normal, combien seront libérés sous serment et recommenceront une, dix, cent fois avant d’être repris ?

6. Une large partie de la population est encore pour son rétablissement en France.
« Le 23 octobre 2001 – Abolie légalement voici 20 ans, la peine de mort s’abolit peu à peu également dans les esprits. Près d’un Français sur deux (49%) se dit aujourd’hui opposé à son rétablissement, pour 33% en 1981. Cette évolution ne doit toutefois pas cacher la part non négligeable de l’opinion qui y reste favorable (44%), et l’existence de clivages socioculturels (et dans une moindre mesure politiques) toujours tenaces. » TNS Sofres
(a priori il n’existe pas d’étude d’opinion plus récente que celle-ci)

7. Cela ne fait pas revenir la victime, mais au moins les familles de victimes sont apaisées, car elles savent qu’il n’est plus possible que ce mal frappe à nouveau.
” La différence entre les partisans de la peine de mort et ses adversaires réside dans le fait que les premiers s’identifient d’instinct aux victimes, et les seconds aux assassins. ” Maurice Toesca, écrivain français, extrait de Le prix de la douleur

8. Pour l’exemplarité.

9. Il est choquant de payer pour des meurtriers que l’on garde en prison (à moins qu’ils ne paient leur dette contractée envers la société par des travaux d’intérêt général par exemple).

10. Un récidiviste libéré peut, dans sa vie privée, même s’il se conduit bien dans sa vie publique, reproduire le cercle vicieux dont il a été lui-même victime : personne ne sera là pour vérifier qu’il ne bat pas ses enfants, ou pire. Il s’agit donc aussi de casser ce cercle vicieux de la reproduction dont les psys nous parlent tant.

11. Nous ne savons pas si la peine de mort fait baisser le taux de criminalité, mais ce dont nous pouvons être sûr, c’est qu’elle ne le fait pas monter. Son impact n’est certainement pas nul. Choisissons donc la solution dont nous sommes sûrs.

12. Ce n’est pas être contre les droits de l’homme que d’être pour la peine de mort, puisque la perpétuité bafoue les droits et la dignité de l’homme (575 personnes en France en 1998).

13. Beaucoup de pays dits ‘non-démocratiques’ ont aboli la peine de mort : Angola (1992), Azerbaïdjan (1998), Croatie (1990), Équateur (1906), Georgie (1997), Haïti (1987), Honduras (1956), Lituanie (1998), Mozambique (1990), Namibie (1990), Népal (1997), Nicaragua (1979), Roumanie (1989), Timor Oriental (1999), Turquie (2002). (la Voix du Nord du 5.8.2002)

14. Des pays reconnus comme étant démocratiques ont encore la peine de mort (les Etats-Unis surtout, pour certains États, ainsi que le Japon et l’Inde)

15. On fait de l’assassin la victime, en s’occupant de lui et en lui trouvant des excuses (passé, éducation, etc). Mais personne ne s’intéresse aux vraies victimes, celles de ces assassins.

16. Mieux vaut consacrer les ressources limitées dont notre société dispose (hommes, temps, argent, etc.) pour développer celles et ceux qui n’ont fait de mal à personne et qui le méritent largement plus, que de s’occuper des anciens meurtriers et violeurs, pour qu’ils reviennent dans le bon chemin.

17. La personne condamnée devrait avoir le choix entre peine de mort et peine de prison à perpétuité (voir incompréhension n°3).

18. C’est le plus logique. « Par les temps que nous vivons, je crois qu’il est indispensable que ceux qui mettent en jeu la vie de leur prochain acceptent de voir leur propre vie mise en jeu. » Raymond Barre, 12 janvier 1986, Libération

19. La peine de mort est un cas de légitime défense par subrogation. La société subroge la victime qui n’a pas eu la possibilité d’utiliser son droit à la légitime défense.

20. De toute façon, la peine de mort n’est pas abolie, puisque les assassins la pratiquent sans retenue.

21. La peine de mort n’est pas contraire aux droits de l’homme, car son abolition date de 1981 tandis que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen date de 1789, et la déclaration universelle des droits de l’homme date de 1948. La peine de mort a donc perduré pendant deux siècles après la déclaration des droits de l’homme.

Vérité officielle :
La justice est plus juste si elle ne tue pas. Même si elle enferme à vie ou libère des assassins en puissance et/ou multi-récidivistes qui commettent à nouveau crimes et délits.

Les incompréhensions :
1. Des personnalités insoupçonnables ont osé dire publiquement qu’elles étaient pour la peine de mort, même après son abolition. Parmi elles, Maurice Druon, grand résistant et auteur du chant des partisans : “Depuis qu’on a supprimé la peine de mort, tout le système pénal est décalé. Elle en était la clé de voûte. On la lui a ôtée ; il s’effondre. […] En fait, on privilégie la vie de l’individu par rapport à celle de la société.” Maurice Druon, de l’Académie Française, Ordonnances pour un Etat malade, aux éditions de Fallois / Le Rocher, 2002.

Ou encore Pierre Manent, philosophe et historien :
« Pierre Manent oppose le « quiétisme européen » à l’ « activisme américain » qui sont pour lui deux versions différentes et opposées de l’ « empire démocratique », l’une axée autour d’une nation dominante, l’autre autour d’ « une agence centrale humaine » (p. 16).
Plus profondément, les nations européennes ont toutes (en tout cas les 25 pays de l’Union) renoncé à l’ultima ratio des sociétés hobbesiennes, à savoir la peine de mort. Il y a là une différence majeure avec les Etats-Unis d’autant plus que là-bas le nombre des États qui y recourent est croissant alors qu’a contrario les institutions européennes – notamment leur Parlement – mettent en accusation sur ce thème les Etats-Unis.
Or la peine de mort – indépendamment de son efficacité dissuasive d’ailleurs scientifiquement démontrée aux États-Unis par des études économétriques – est pour le philosophe libéral un élément constitutif essentiel d’un État souverain complet ; État souverain complet qui fonde sa légitimité en se dotant de tous les moyens de garantir pour tous la sécurité publique en échange de la renonciation par les citoyens à leur autodéfense, bénéficiant pourtant d’une légitimité plus large aux États-Unis qu’en Europe.
La réflexion de Pierre Manent invite donc à repenser la notion d’État souverain. » Polemia, 12 mai 2006

2. La France a connu de grands chefs d’Etat et de gouvernement avant 1981, qui étaient tous pour la peine de mort puisqu’ils ne l’ont pas abolie ; ce n’étaient pas pour autant des monstres.
Léon Blum, Charles de Gaulle, Pierre Mendès-France, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, etc. À leur époque, alors que la peine de mort était à l’œuvre, le débat sur la peine de mort n’était pas interdit.

3. Des détenus réclamaient en 2006 la peine de mort pour eux…
« Dix détenus de la centrale de Clairvaux (Aube) ont attiré l’attention sur le sort des condamnés qui purgent des longues peines. “Nous, les emmurés vivants à perpétuité du centre pénitentiaire le plus sécuritaire de France (…), nous en appelons au rétablissement effectif de la peine de mort pour nous”, ont-ils plaidé dans une lettre datée du 16 janvier, publiée le mardi 24. Dans un contexte de durcissement répressif contre la récidive, l’appel dénonce l’allongement de l’exécution des sentences.
“Assez d’hypocrisie ! Dès lors qu’on nous voue en réalité à une perpétuité réelle, sans aucune perspective effective de libération à l’issue de notre peine de sûreté, nous préférons encore en finir une bonne fois pour toutes que de nous voir crever à petit feu”, écrivent les signataires, qui ont passé entre 6 et 28 années en prison.
Entre 2001 et 2005, le nombre de condamnés à des peines de 20 à 30 ans est passé de 915 à 1 384, tandis que celui des condamnés à perpétuité a légèrement diminué : 538 contre 591. » Le Monde, le 25/01/06

4. La peine de mort est moins grave aux USA
Lors de l’élection présidentielle américaine de 2008, les deux candidats MM. Obama et McCain se sont dit en faveur de la peine de mort. Pourtant en France les médias ne diabolisent pas ces hommes politiques, au contraire ils ont alimenté une ferveur certaine en faveur de Barack Obama.

A l’étranger
« L’union Européenne avait envisagé de créer “une journée européenne contre la peine de mort”, à la date du 10 octobre, mais a dû y renoncer n’ayant pas trouvé de compromis avec la présidence polonaise, qui souhaitait en effet qu’y soient condamnés également l’avortement et l’euthanasie.
Les frères Kaczinsky, qui avaient autrefois regretté que la peine de mort soit abolie en Europe et avaient souhaité que soit modifiée la Convention européenne qui la proscrit pour tous les pays européens, ont émis la remarque que la peine de mort étant abolie, cette journée n’avait plus vraiment de sens, à moins d’en faire une “Journée pour la vie”, dans laquelle seraient condamnés aussi l’avortement et l’euthanasie. Or dans l’organisation de l’Europe, il n’est pas possible si un pays s’y oppose de décréter quoi que ce soit, l’UE doit donc y renoncer, tandis que le Portugal tiendra une conférence internationale le 9 octobre pour l’abolition universelle de la peine de mort, et espérait que la signature instituant cette journée ait lieu ce jour précis à Lisbonne. » 18/9/2007, www.come4news.com

Pour le reste voir points 13 et 14 des arguments interdits.

La peine de mort sur les chaînes de télévision publiques
Parmi les innombrables émissions (plus d’une centaine) qui traitent de la peine de mort d’une manière ouverte avant qu’elle ait été abolie, la fameuse émission des Dossiers de l’écran consacre une émission entière au thème : « Pour ou contre la peine de mort », le 6 mai 1970.
Un film est d’abord projeté, « Nous sommes tous des assassins » d’André Cayatte, film pour l’abolition de la peine de mort datant de 1959.
Après ce film, un témoignage qui serait aujourd’hui impossible : celui d’un père de famille, ayant perdu son fils et sa femme par le fait d’un assassin, et militant pour le maintien de la peine de mort. Il essaie de prendre du recul par rapport à ce qu’il lui est arrivé, et emploie des arguments propres aux experts de la question. Justement, deux experts expliquent pourquoi ils sont aussi pour la peine de mort, et débattent avec trois autres experts qui sont contre.
Robert Badinter, le principal artisan de l’abolition de la peine de mort, sera invité des dizaines de fois à la télévision publique française avant l’abolition de la peine de mort.
Les hommes politiques à être publiquement pour la peine de mort après son abolition sont Raymond Barre (voir référence plus haut), Jean-Marie Le Pen, comme lors de l’émission La France en direct le 13 mars 1995, Philippe de Villiers, comme lors de l’Heure de vérité du 23 octobre 1994, Valéry Giscard d’Estaing également à l’Heure de vérité le 24 octobre 1993, Alain Madelin à Tout le monde en parle le 10 juin 2000, Charles Pasqua le 13 février 2002 (lors d’un meeting retransmis).
Les artistes à être publiquement pour la peine de mort sont Brigitte Bardot (le 12 mai 2003, On ne peut pas plaire à tout le monde, France 3), et Michel Sardou (voir plus bas pour le détail).
On trouve encore des débats sur la peine de mort à la fin des années 80, mais uniquement sur France 3 en régions (France 3 Méditerranée le 28 janvier 1989, France 3 Nord le 25 janvier 1989).
Michel Sardou, qui avait écrit, composé et chanté une chanson en faveur de la peine de mort au moment du procès de Patrick Henry (donc avant l’abolition) se dit en 1989 contre la peine de mort.
France 3 diffuse un sujet au JT sur la manifestation de parents en faveur de la peine de mort (le 19 mai 1990).
Pour fêter les 10 ans de l’abolition de la peine de mort, Robert Badinter est seul invité en plateau, le temps n’est déjà plus au débat mais aux réjouissances (France 3, 18 septembre 1991).
Le débat a fait place au témoignage. Comme à la Marche du siècle du 22 avril 1992, les parents d’un enfant de 3 ans assassiné réclament la peine de mort. Ils sont les seuls en plateau à vouloir le rétablissement de la peine de mort, il n’y a plus d’experts pour aller dans leur sens comme en 1970. Et leur discours est purement émotionnel, sans recul sur ce qui leur est arrivé.
Le 17 octobre 1992, Michel Polac dit être pour la peine de mort (Double jeu, France 2).
Le débat sur la peine capitale reprend quand il s’agit de personnes condamnées à mort à l’étranger (Ceaucescu en 1989, condamnés à mort aux USA ou en Chine, Saddam Hussein en 2006, etc.)
Le 21 janvier 1996, l’humoriste Marc Jolivet ridiculise un partisan de la peine de mort dans un sketch diffusé sur France 3, bien que ce partisan explique que sa femme a été atrocement assassinée. Il n’y aura aucune polémique suite à ce sketch, dont la plupart d’entre nous ignorent l’existence aujourd’hui.
Le 2 mars 1997, un « débat » après l’assassinat de 4 jeunes filles à Outreau. Le seul à évoquer la peine de mort est le père d’une victime, et il est résolument contre : ” Le débat de la peine de mort doit être complètement terminé et depuis longtemps… Agiter la peine de mort, c’est un peu faire croire à une fausse sécurité parce que cela ne servirait strictement à rien !”
Le 6 avril 1997, un reportage de 50 minutes sur France 2 sur un ancien condamné à mort, Jacques Lerouge. C’est en 1968 que tout a basculé pour lui après le braquage d’une banque et le meurtre du propriétaire de la villa dans laquelle il s’était réfugié. Emprisonné trois ans à la maison d’arrêt d’Evreux, il est condamné à mort en 1971. Jacques Lerouge raconte son incarcération, les nuits interminables en attendant “le bourreau”. Il est libéré en 1985 après 14 ans d’emprisonnement. Il explique comment il aide d’anciens prisonniers à se réinsérer en les plaçant dans des organismes de formation.
Changement dans le vocabulaire : les « meurtriers » et les « assassins » d’avant 1981 deviennent les « condamnés à mort » (Bouillon de Culture, France 2, 11 avril 1997).
Ceux qui se disent pour la peine de mort sont désormais uniquement étrangers. Par exemple Dodley Sharp (vice-président texan de “Justice pour tous” pour la peine de mort), JT 20h de France2, le 1er février 1998.
Le 23 avril 1998, Michel Polac (qui se disait pour la peine de mort en 1992) réalise une émission sur la peine de mort notamment, où seuls des opposants à la peine de mort ont la parole (Qu’est-ce qu’elle dit Zazie, France 3).
Le 29 octobre 2000, Michel Sardou (qui était contre la peine de mort en 1989) dit à Michel Drucker qu’il est pour la peine de mort sur le plateau de Vivement Dimanche (France 2).
Le 25 novembre 2000, Thierry Thuillier, responsable du service de politique étrangère de la rédaction, explique sur le plateau de l’Hebdo du médiateur : « Il n’y a pas de débats aux USA parce que les hommes politiques sont tous favorables à la peine de mort. C’est vrai qu’en fonction du degré, on peut considérer que Georges Bush applique plus facilement la peine de mort que Al Gore. »
Le 6 octobre 2001, le discours de Robert Badinter pour la cérémonie du 20ème anniversaire de l’abolition est interrompu par des partisans de l’abolition des longues peines.
Le 30 novembre 2002, diffusion d’un reportage sur la journée contre la peine de mort. Commentaire du journaliste : « Les idées abolitionnistes ont progressé ces dernières décennies, mais 86 pays appliquent encore la peine capitale… »
Jusqu’en 2007, près de 200 reportages concernant la peine de mort sont diffusés. La seule mention pour la peine de mort sera un reportage de 18 secondes par rapport à la manifestation organisée par le Front National le 20 mai 2006.
Notamment, la proposition de loi, déposée le 8 avril 2004 par 47 députés, tendant à rétablir la peine de mort pour les auteurs d’actes de terrorisme, fut complètement passée sous silence.
Extrait de cette proposition de loi : « Si certains terroristes « kamikazes » sont prêts à donner leur vie pour l’accomplissement de leur funeste dessein, les chefs de ces organisations terroristes restent, quant à eux, dans la clandestinité. Une fois arrêtés, que dire alors de ces terroristes condamnés à la prison à vie qui continuent à communiquer au grand jour depuis leur cellule avec leurs complices, à donner des interviews voire à publier leurs mémoires ? L’exemple récent du terroriste Carlos emprisonné en France en a donné une triste illustration. Que faire devant le risque, demain, de voir des attentats perpétrés pour obtenir la libération d’un chef terroriste incarcéré et devenu le porte-drapeau d’un mouvement extrémiste ?
Toutes les démocraties européennes ont aboli, au cours des dernières décennies, la peine de mort au nom des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. La France a également renoncé au châtiment suprême avec la loi du 9 octobre 1981. Cette évolution générale constitue une avancée pour l’homme qu’il n’est pas, aujourd’hui, question de remettre en cause. Pour autant, les pays occidentaux ne doivent pas céder devant le terrorisme. Ils doivent pouvoir lutter et condamner avec la plus grande fermeté ces actes barbares, en apportant une réponse forte et sans équivoque aux ennemis de la liberté. Rien ne doit les amener à composer avec cette forme ultime de violence qu’est le terrorisme.
Dans l’intérêt supérieur des Etats, la France, en lien étroit avec ses alliés européens, doit amplifier la lutte antiterroriste et afficher une fermeté exemplaire. C’est pourquoi, il importe qu’elle puisse disposer de cette peine d’exception qu’est la peine capitale, pour combattre le terrorisme, « crime majeur contre la démocratie », selon l’expression de Robert Badinter. »
Enfin, le 12 septembre 2009, dans l’émission On n’est pas couché sur France 2, Eric Zemmour constate et regrette l’absence de débat sur la peine de mort : « Aujourd’hui, on interdit le débat, on n’a pas le droit d’être pour, on passe pour un criminel de guerre, ça m’énerve. En supprimant la peine de mort, on a délégitimé une hiérarchie des peines. »

Bibliographie
Ordonnances pour un Etat malade, Maurice Druon, de l’Académie Française, aux éditions de Fallois / Le Rocher, 2002
Sur l’effet dissuasif de la peine de mort : http ://www.cjlf.org/deathpenalty/DPDeterrence.htm
La Raison des nations, Pierre Manent, Gallimard, 2006
Le Figaro, 17 août 2007 : « Enlèvement d’Enis : le pédophile sortait de prison »
Le Monde, « L’appel de Clairvaux », le 25/01/06
La Provence, « Patrick Henry a tout gâché », mercredi 16 avril 2003

Pour vous procurer le petit dictionnaire des débats interdits dédicacé par l’auteur, cliquez ici.

 

http://www.enquete-debat.fr/archives/diffusion-inedite-du-chapitre-sur-la-peine-de-mort-du-petit-dictionnaire-des-debats-interdits-mais-legaux?utm_medium=twitter&utm_source=twitterfeed

Par Chouan Bourguignon
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Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 20:11

Selon lui, les nazis avaient en projet d’éliminer aussi les catholiques

 

 

ROME, Mercredi 3 novembre 2010 (ZENIT.org) - En quête de documents et d'informations relatives aux actions du pape Pie XII durant la seconde guerre mondiale, la Pave the Way Foundation vient de publier le témoignage d'un juif dont le père aurait échappé à la furie nazie après avoir été caché au Vatican.

Le témoin - comme a annoncé Gary Krupp, président de la Fondation - est Robert Adler, membre de la commission pour l'holocauste de l'Alabama (Etats-Unis). Il raconte que son père Hugues a été conduit au Vatican en 1941 et y est resté caché pendant cinq semaines. Durant cette période, il a eu plusieurs fois l'occasion de rencontrer le pape.

Grâce à un réseau du Vatican, Hugues a ensuite été conduit en France, puis en Espagne et enfin à Sosua, en République dominicaine.

Le témoin affirme avoir su, au fil de ses recherches, que les nazis voulaient éliminer d'abord les juifs puis les catholiques, et en avait déduit que c'était pour cela que le pape avait agi secrètement.

Selon Gary Krupp, en révélant ces faits, le témoin « paie une énorme dette vis-à-vis de tous ceux qui ont risqué leur vie pour réussir à sauver les victimes de la Shoah ».

La Pave the Way Foundation, qui est une organisation née pour « lever les obstacles entre les religions, promouvoir la coopération et mettre fin à l'utilisation de la religion à des fins politiques », a déposé sur son site près de 40.000 documents et témoignages vidéos prouvant le rôle du pape Pie XII durant la seconde guerre mondiale.

Pour plus d'informations, http://www.ptwf.org/.

 

http://www.zenit.org/article-25939?l=french

 

Par Chouan Bourguignon
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Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /Avr /2010 00:32

Le journalisme se ridiculise de plus en plus. Non seulement la plupart des dépêches concernant le Pape ne font l'objet d'aucune relecture, mais les erreurs s'amoncellent. Il faut tirer sur le Pape, voilà l'objectif. Au train où vont les choses, il ne serait pas étonnant que l'on nous annonce que Benoît XVI mange des enfants à son petit-déjeuner. Voyez plutôt ce que laisse passer dans ses colonnes le quotidien de référence (celui qui donne le "la" à la presse nationale). Qui plus est, ces lignes sont signées par un professeur de philosophie, dont on plaint les élèves :

  • "c'est Benoît XVI qui, alors qu'il était cardinal, s'était permis de lever l'excommunication pesant sur l'évêque négationniste de la Shoah, Mgr Richard Williamson." Benoît XVI était pape, cette affaire date de l'année dernière.
  • "sans qu'on s'y attende, le prédicateur de la maison pontificale a eu le culot de comparer le pape à une victime d'antisémitisme". Mgr Cantalamessa lisait un message d'un ami juif...
  • "Pour Benoît XVI et le Vatican, le constat est simple : la pédophilie chez les prêtres catholiques est une chose du passé et les erreurs en ce domaine sont désormais pardonnées." Voilà encore quelqu'un qui n'a pas suivi l'actualité de ces dernières années : l'inspection en cours chez les Légionnaires du Christ, les remontées de bretelles aux Etats-Unis, la lettre aux catholiques d'Irlande, les démissions d'évêques, les normes très précises édictées sur ce grave sujet...
  • "La responsabilité de Benoît XVI dans la dissimulation des cas de pédophilie ne fait plus de doute." Voilà une accusation incantatoire qui prouve l'ignorance de son auteur, alors que Benoît XVI est celui qui en a fait le plus pour résoudre ces problèmes.
  • "4 392 prêtres ont déjà été accusés d'actes pédophiles. Sans vouloir faire de tous les prêtres catholiques des pédophiles, il reste que cela représente environ 4,5 % de l'effectif du clergé. C'est un prêtre sur 20 !" Ce monsieur ne sait pas compter et ses chiffres sont faux : on compte 3000 accusations, parmi lesquelles 300 cas de pédophilie (sur des dizaines d'années). Sachant qu'il y a dans le monde plus de 400 000 prêtres, cela fait bien moins de 1% des prêtres.
  • "C'est l'ensemble des politiques de l'Eglise catholique en ce qui a trait au célibat des prêtres qui est en question." Ceci est une idiotie puisque 9 cas sur 10 d'abus sur mineur sont commis par des gens mariés.

En conclusion, nous pouvons donc affirmer sans nous tromper que monsieur Pierre Dejardins est un imbécile et que le journal qui a publié sa prose, un vulgaire torchon. Pour ceux qui veulent de l'information sérieuse, je leur signale cette page.

 

Source : salonbeige

Par Chouan Bourguignon
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 21:00

Devenu Joseph par son baptême, ce chiite irakien réfugié en France avec sa famille publie le récit incroyable de sa conversion au christianisme en terre d’islam. Un témoignage de courage dans la foi précieusement recueilli à l’orée de la Semaine Sainte.

Comment le chiite que vous étiez s’est-il converti au christianisme ?

Grâce à la rencontre d’un chrétien durant mon service militaire. C’était à Bassorah (Irak) en 1987. J’avais 23 ans. Cohabiter avec un chien de chrétien était une épreuve abominable pour un Moussaoui – ma famille descend directement du Prophète –, mais je ne pouvais y échapper, mon père n’ayant pas encore réussi à corrompre le chef d’état major.
J’ai d’abord méprisé ce Massoud, cet agriculteur de 44 ans. Puis il m’a peu à peu apprivoisé par son écoute et sa bienveillance. J’ai voulu le convertir à l’islam : il fallait le tirer de son erreur. Prudemment – il ne pouvait pas parler de sa foi sans risquer la mort – il m’a renvoyé à ma propre religion : « Est-ce que tu as vraiment lu le Coran ? As-tu compris le sens de chaque mot, de chaque verset ? » m’a-t-il demandé un jour. J’ai rougi de confusion. Les imams nous expliquent que c’est la lecture du Coran de bout en bout qui sera récompensée au jour du jugement, bien plus que la compréhension du texte. J’ai profité d’une permission à la maison pour m’y plonger. C’est là que mes ennuis ont commencé…

C’est-à-dire ?

Dès que j’ai abordé la deuxième sourate, j’ai buté quasiment sur tous les versets. Je ne comprenais pas pourquoi Allah s’abaissait à définir les règles de la répudiation, les délais… Je ne saisissais pas l’insistance du Coran sur la supériorité et le pouvoir des hommes sur les femmes, considérées comme des inférieures, possédant la moitié du cerveau d’un homme, etc.
Je suis allé consulter un imam, ami de la famille, en lui soumettant certaines de mes difficultés comme cette sourate (2, 223) : « Vos femmes sont un champ de labour pour vous, allez-y comme vous l’entendez » – ce qui signifie que les hommes peuvent faire d’elles ce qu’ils veulent, y compris sexuellement ! Il m’a répondu qu’un homme peut faire l’amour n’importe où sauf à la mosquée, n’importe quand, sauf pendant le Ramadan, et de n’importe quelle manière… Devant mon air sceptique, il m’a conseillé de me plonger dans la vie du Prophète.

Vous l’avez fait ?

Oui. Mais là encore, je suis bien obligé de déchanter quand je lis que Mahomet s’est marié avec une fille de 7 ans, Aisha, ou encore qu’après avoir marié son fils adoptif Zaïd, il prend la femme de celui-ci, sa belle-fille, pour en faire sa septième épouse. Bref, après plusieurs jours de réflexion intense, le comportement et la vie du Prophète ne me paraissaient pas exemplaires.

Votre foi vacille ?

Je crois toujours en Allah, dont la bonté est plus grande que tout, mais je commence à douter que le Coran soit sa parole. Sur quoi puis-je fonder ma vie si l’islam n’en est pas le pilier ? Je suis effondré. Et humilié car je sais que dans ces conditions, je n’ai aucune chance de convaincre Massoud. Or, en digne représentant des Moussaoui, j’ai horreur de perdre la face. Aussi, pour sauver l’honneur, je vais essayer de persuader Massoud que sa religion est également un leurre.

Vous y parvenez ?

Massoud est parti en permission. Cette nuit là, je fais un rêve – et pour la première fois de ma vie, je m’en souviens – : je tente de traverser un ruisseau, en vain, lorsqu’un homme très beau, sur l’autre rive, me tend la main en disant : « pour franchir le ruisseau, il faut que tu manges le pain de vie. » Cette phrase m’est incompréhensible.
Sur ce, Massoud rentre de permission et me tend un livre : « Voici l’Évangile ». Ne suivant pas son conseil, j’entame immédiatement l’Evangile de saint Jean, le plus ardu selon lui. Absorbé par l’ouvrage, j’en oublie même de déjeuner. Arrivé au chapitre 6, je m’arrête, abasourdi : je viens de lire exactement ces mots entendus il y a quelques heures dans mon rêve : « le pain de vie ». Je relis lentement : « Je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim… ».

Et alors…

Alors, il se passe en moi quelque chose d’extraordinaire, comme une déflagration, une lumière qui éclaire ma vie d’une lumière totalement nouvelle, un coup de foudre. J’éprouve dans mon cœur un sentiment d’une force inouïe, une passion presque violente et amoureuse pour ce Jésus-Christ dont parlent les Évangiles. En même temps, je comprends qu’il y a dans mon rêve plus qu’un rêve : un appel, un message personnel. Je ne vais désormais plus avoir qu’un désir : pouvoir un jour manger de ce « pain de vie » même si je ne comprends pas encore très bien ce que c’est. Il me faudra attendre treize longues années.

Comment réagit Massoud lorsque vous lui confessez votre foi en Jésus ?

J’imagine qu’il va sauter de joie et m’embrasser devant cette bonne nouvelle. Pas du tout. C’est le contraire : il pâlit, son visage reste fermé, il se met à réfléchir. Je vois la peur, une peur proche de la panique, qui secoue de l’intérieur cet homme robuste. Je n’y comprends plus rien. Je viens juste de lui dire mon intention d’annoncer à ma famille ma foi nouvelle en ce Jésus-Christ quand il explose :
- Tu ne te rends pas compte ! Ils vont te tuer…
- Mais ce n’est pas possible ! Ma famille m’aime, elle ne peut pas me vouloir de mal…
- Écoute, je t’en supplie
, me dit-il. Tu mets ta vie en danger et la mienne avec. Dans ce pays, on ne peut pas changer de religion comme cela. C’est punissable de mort !

Qu’allez-vous faire ?

D’abord je comprends pourquoi, au début de notre rencontre, Massoud a semblé si réticent à me parler de sa foi, de la manière dont il la vivait. Il savait les risques qu’il prenait… Mais encore sous le feu de ma lecture toute fraîche de l’histoire tragique de Jésus, je réponds :
- Le Christ aussi est mort, et ses disciples ont connu de grands dangers pour le suivre. Pourquoi ne ferais-je pas pareil après tout, si j’aime le Christ ?
- Mais le Christ ne veut pas que tu meures ! me répond-il. Si tu crois vraiment en Lui, on va prier son Esprit de nous éclairer. Et je t’en supplie à nouveau, calme ton exaltation, et jure-moi que tu ne parleras pas de tout cela quand tu renteras dans ta famille.

Je ne suis pas sûr de vraiment saisir la réalité du danger que Massoud évoque, mais je lui fais confiance : c’est le seul chrétien que je connaisse. C’est pourquoi j’acquiesce, à contrecœur. Je vais poser un voile de silence sur ce qui va constituer désormais, je le sens bien, le nouveau moteur – et le cœur – de ma vie.

Lisez la suite de l’interview de Mohammed Moussaoui et son portrait « Chrétien au péril de sa vie » dans le n° 1680 de Famille Chrétienne, disponible dès mercredi en édition numérique.

http://www.famillechretienne.fr/agir/temoignages/mohammed-moussaoui-descendant-de-mahomet-raconte-sa-conversion-au-christianisme_t11_s72_d56028.html

Par Chouan Bourguignon
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 21:00
Par Chouan Bourguignon
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 19:14
Le weblog Orthodoxologie a mis en ligne la traduction d'un entretien avec un ancien prédicateur musulman converti à l'orthodoxie. Outre le récit de son parcours, c'est un témoignage sur l'islam souvent différent de ce que l'on entend ou lit habituellement sur ce sujet. Ainsi il dit: " (...) en Arabie et dans d'autres pays, peut-être la plupart des musulmans vont à la mosquée, non parce que leur foi les y encourage à le faire, mais parce qu'ils sont obligés de le faire sous la pression des lois et coutumes (...) Les musulmans d'aujourd'hui ont une religiosité bien moindre qu'on ne le croit dans le monde chrétien. Dans les pays musulmans il y a beaucoup de mosquées on y dit les prières cinq fois par jour, mais excepté le vendredi personne ne va à la mosquée."

"Dans les pays musulmans, de nombreuses personnes cherchent la vérité, c’est pour cela que la mission chrétienne va croître. La plupart propagent le christianisme chez les amis, et récemment il y a une des chaînes de télévision et beaucoup plus de sites Internet dédiés à la mission parmi les musulmans. En général, beaucoup de musulmans s'éloignent de l'islam, et ceci est particulièrement visible dans les pays occidentaux." D'autre part, il minimise le nombre des conversations à l'islam: "J'ai été impliqué dans la mission de l'islam chez les Britanniques et je peux dire que le nombre de convertis à l’islam est minime. Lors des prières du vendredi dans le centre de Londres à la mosquée le nombre de musulmans britanniques est peut-être de 1% (...) Quand certains musulmans disent que l'islam est la religion à plus forte croissance dans le monde, les imams de Londres disent que cette croissance est principalement liée à la fécondité, mais il n'y a pas de mission. Je ne doute pas que le christianisme soit beaucoup plus fort en tant que mission."


Sources: en russe (avec d'autres éléments apportés lors des débats),  Orthodoxologie (intégralité de la traduction)

http://www.orthodoxie.com/2010/02/un-entretien-avec-un-ancien-pr%C3%A9dicateur-musulman-converti-%C3%A0-lorthodoxie.html#more

Par Chouan Bourguignon
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 20:37
Par Chouan Bourguignon
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 17:10

R Demain, le Pape adressera ses voeux au corps diplomatique. Il abordera, sans aucun doute, la façon dont les chrétiens sont traités à travers le monde. Sur ce sujet, le Pew Forum on Religion & Public Life de Washington a réalisé une enquête sur 198 pays - manque la Corée du Nord, en raison de l’insurmontable pénurie de données - et couvrant deux ans, de la mi-2006 à la mi-2008. Le schéma ci-contre classe les 50 pays les plus peuplés du monde en fonction des restrictions à la liberté religieuse qui existent chacun d’eux : aussi bien celles qui sont imposées par les gouvernements, par ordre croissant de gauche à droite, que celles qui sont dues aux violences exercées par des personnes ou des groupes, par ordre croissant du bas vers le haut.

Sur le schéma, la taille des cercles est proportionnelle à la population de chaque pays. Parmi les pays où il y a le plus de restrictions à la liberté religieuse, comme on le voit, l'Inde et la Chine, ayant chacune une population bien au-dessus du milliard d’habitants, pèsent d’un poids écrasant. En y ajoutant les autres pays non libéraux à forte population, le résultat final est que 70% des 6,8 milliards d’habitants du globe vivent dans des pays où la liberté de religion est fortement ou très fortement limitée. Inversement, à peine 15 % de la population mondiale vivent dans des pays où les religions jouissent d’un niveau acceptable de liberté.

Les modalités selon lesquelles la liberté religieuse est entravée diffèrent d’un pays à l’autre. En Chine et au Vietnam, ce sont les gouvernements qui limitent fortement les manifestations de la foi. La situation est inverse au Nigeria et au Bangladesh, où les gouvernements optent pour la modération, alors que des actes de violence contre telle ou telle religion se produisent dans la société civile. En Inde aussi, l'hostilité est plus le fait de la société que des autorités, bien que celles-ci imposent aussi de sévères restrictions. Sur 198 pays, il n’y en a qu’un où les taux d’hostilité contre les religions "ennemies" soient très élevés en ce qui concerne à la fois le gouvernement et la population. C’est l'Arabie Saoudite. Le Pakistan, l’Indonésie, l’Egypte et l’Iran ont aussi des taux globalement très négatifs. La moitié des pays du monde interdisent ou limitent fortement l'activité missionnaire. Certains gouvernements soutiennent une seule religion (au Sri Lanka, au Myanmar et au Cambodge : le bouddhisme) et répriment toutes les autres. Dans certains pays, l'hostilité se manifeste entre fractions d’un même monde religieux.

Sur une carte du monde incluse dans le rapport, il saute aux yeux que les zones de plus grande liberté sont celles où le christianisme est le plus présent : l'Europe, les Amériques, l'Australie et l'Afrique subsaharienne. Mais même dans ces zones, il y a certaines restrictions. En Grèce, seuls les chrétiens orthodoxes, les juifs et les musulmans peuvent s’organiser et posséder des biens en tant que tels. Pas les chrétiens d’autres confessions. En Grande-Bretagne, une décision de justice a permis à une entreprise d’obliger ses employés chrétiens à cacher les symboles de leur foi sur leur lieu de travail, mais en laissant les membres d’autres religions libres de porter leurs symboles.

Par Chouan Bourguignon
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 18:16
Par Chouan Bourguignon
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 13:07

117921753[1].jpgMais l’affaire Galilée,

qu’est-ce que c’est

en réalité ?

 

Bien autre chose

que ce que l'on en dit

aux foules :


 

  

 

 

 -

L’affaire Galilée (1633) fut sans aucun doute une lourde gaffe romaine.  Le savant fut « sacrifié » par l’érudit Urbain VIII, son ami et protecteur, pour des raisons politiques : le pape croyait ainsi donner le change à l’Espagne et à l’Empire, qui le menaçaient sous un prétexte religieux (voir ci-dessous)  dans une Europe à feu et à sang. Calcul à court terme, avec de redoutables conséquences intellectuelles et morales à long terme ! Cette énorme bourde a gravement nui à l’Eglise, et lui nuit encore – bien que la mise à l’Index ait été levée en 1664, que Galilée lui-même ait été réhabilité en 1784 par Clément XII, que les papes modernes lui aient rendu hommage, et que le concile Vatican II ait fait écho à sa pensée sur les rapports entre science et religion.

 -

Néanmoins, si l’on étudie de près l’affaire (cf. bibliographie ci-dessous), on constate qu’elle ne correspond pas à la légende noire fabriquée au XIXe siècle par les polémistes anticléricaux. Le procès de 1633 ne fut pas l’aboutissement logique de l’attitude d’une Eglise catholique « hostile à la science ».


Le procès fait à Galilée contredit l’attitude que l’Eglise avait manifestée jusque là.

Rappelons que :

- le chanoine-astronome Copernic, mort en 1543, ne fut jamais inquiété ni même contredit par l’Eglise. Au contraire : le pape Paul III avait lu avec intérêt le De revolutionibus orbium coelestium, que le savant lui avait envoyé avec une dédicace affirmant nettement que la terre tournait autour du Soleil. (Les seuls à attaquer Copernic furent Luther, Calvin et Melanchton).

- Certains théologiens renâclaient devant la révolution copernicienne, mais ni plus ni moins que l’ensemble du microcosme intellectuel de l’époque : en effet cette révolution posait un sérieux problème à la pensée humaine, structurée autour du  système de Ptolémée (géocentriste) depuis quinze siècles. Renoncer à une fausse évidence  - la Terre centre du monde - allait être un processus lent et difficile. Certains intellectuels, rendus agressifs par ce qu’ils considéraient comme une menace pour leur pouvoir, allaient entreprendre de persuader les tribunaux d’Eglise que le système de Copernic contredisait la Bible.

- Pourtant, durant les soixante années qui suivirent la mort de Copernic, le Saint-Siège n’accepta d’ouvrir aucun procès théologique contre son œuvre. Mieux : en 1582, le pape Grégoire XIII utilisa des éléments coperniciens dans sa grande réforme du calendrier.

 -  Le souci de Rome était d’empêcher les universitaires traditionnels, crispés sur Aristote et le géocentrisme, de déclencher une bataille supplémentaire dans le milieu intellectuel alors que l’Europe était ravagée par la guerre entre princes protestants et catholiques.

- En 1589, à Rome, le cardinal jésuite Bellarmin (un des meilleurs intellectuels de l’époque) proposa, pour protéger la pensée copernicienne, de ne la considérer que comme une hypothèse : on dirait aujourd’hui un « modèle ».

- Survient en 1590 Galilée, mathématicien et physicien, aussi catholique que l’était Copernic. C’est le protégé des scientifiques jésuites : Christophe Clavius, Paolo Valla. C'est aussi un polémiste enragé. Dès 1604 il se pose en ennemi d’Aristote, donc de l’establishment universitaire. En 1609, il se fait astronome grâce à la construction du premier télescope. Ses observations, qui réfutent l’astronomie antique et vont dans le sens du système copernicien, sont appuyées par les astronomes jésuites, tels Muzio Vitelleschi, et par les cardinaux romains qui président à la jeune académie scientifique et humaniste des Lincei. (Académie que Dan Brown, dans Anges & démons, a le front de présenter comme une société secrète anticatholique).

- Bientôt triomphant et adulé, Galilée suscite les jalousies universitaires. Il leur riposte par des pamphlets : brillants, drôles, d'une rare cruauté. Les jaloux blessés l’attaquent alors sur le terrain religieux. Deux dénonciations échouent en 1615 : l’Inquisition romaine les déboute, jugeant que Galilée n’a rien d’hérétique.

- En 1616, les ennemis de Galilée trouvent un biais : ils parviennent à faire  juger  « contraires à la Bible »  deux des idées coperniciennes. Le De revolutionibus de Copernic, quoiqu’apprécié par des papes et des cardinaux, est mis à l’Index « jusqu’à ce qu’il soit corrigé ».  Le véritable objectif des jaloux est de faire taire Galilée, notoirement partisan du système de Copernic…

- Mais le cardinal Bellarmin protège Galilée : il lui demande de considérer le système copernicien comme une simple hypothèse tant que ce système n’aura pas été prouvé. (C'est ni plus ni moins la méthode moderne en recherche scientifique !). Galilée s’y engage : la méthode Bellarmin lui permettra, s’il la suit, de continuer ses recherches à l’abri de la polémique. Le souci de Rome est toujours d’étouffer cette polémique, pour ne pas ajouter une crise intellectuelle aux convulsions politico-militaires qui ravagent l’Europe.

- Hélas Galilée a deux défauts : il ne peut se retenir de polémiquer, et il est impatient. Sur le plan scientifique, il affirme avec des preuves insuffisantes. Il lui arrive même (comme  à tous les chercheurs) de se tromper sur certains points : par exemple sur les comètes et les marées. Et il défend ces erreurs avec tant de férocité qu’il se fâche avec ses plus vieux amis : les scientifiques jésuites du Collège romain, tel l’astronome Orazio Grassi... alors que dans la querelle des comètes, c’est Grassi qui a raison contre Galilée.

 

Ces défauts de Galilée ouvrent un boulevard à ses ennemis.

 - En 1623, un autre vieil ami de Galilée, le cardinal Barberini, ami des Lincei, devient le pape Urbain VIII. En 1624, Galilée lui fait part de son intention d’écrire un ouvrage comparant "les divers systèmes du monde" (Ptolémée, Copernic et Kepler). Le pape acquiesce, à condition que Galilée les traite tous comme des hypothèses. Galilée s’y engage.

-  En 1628, il soumet son texte au dominicain Riccardi (Inquisition romaine) qui est lui aussi un ami. Riccardi ne lui demande que des modifications de détail, et la promesse de faire imprimer le livre à Rome. Urbain VIII demande l’ajout d’une conclusion pieuse, simple habillage qui ne change rien au contenu scientifique. Galilée accepte.

- En 1631, Galilée montre la nouvelle version à Riccardi et obtient l’imprimatur. Urbain VIII le bénit. 

-  Mais ensuite, Galilée fait le contraire de ce qu’il avait promis. Il imprime le livre à Florence, non à Rome. Ce qui lui permet d’y faire des ajouts contraires aux accords : 1. un nouveau titre, réduisant le sujet au duel Copernic-Ptolémée (ce qui rallume la polémique, contrairement à ce que Galilée avait juré au pape) ; 2. une façon injurieuse de présenter la conclusion demandée - dans  l'intérêt du livre - par Urbain VIII. Du coup, le livre (qui a eu l'imprimatur !) prend l'air d'une provocation. Il paraît en 1632.

Urbain VIII se fâche. Il juge que Galilée a trahi sa confiance. On en profite pour faire croire au pape que Galilée avait signé en 1616 l’engagement de ne plus parler du tout de Copernic… Urbain VIII crie alors à la double trahison. On en profite aussi pour relancer l’idée que Galilée est un crypto-hérétique, passible des tribunaux. La machine judiciaire va pouvoir se mettre en marche.

-  Mais la colère du pape est à moitié feinte. S’il décide de frapper Galilée, c’est surtout pour « l’effet d’annonce », comme on dirait aujourd’hui. Et c’est politique

musketeer2[1].gifEn effet, les deux superpuissances catholiques de l’époque, l’Espagne et l’Empire, sont en guerre contre les puissances protestantes : princes allemands et roi de Suède, soutenus en coulisses par la France de Richelieu. Urbain VIII, francophile, passe pour complice de Richelieu. L’Espagne et l’Empire menacent donc Rome. Puissances jouant sur le catholicisme, leur arme idéologique est la « défense de la foi ». Pour obliger le pape (politiquement) à rompre avec la France, elles l’accusent (religieusement) de mollesse envers l’hérésie protestante : prétexte qui pourrait mener à un nouveau sac de Rome par l’armée impériale, comme en 1527. Déjà les cardinaux pro-espagnols (Borgia, Ludovisi) demandent la déposition d’Urbain VIII. Il y a même des rumeurs de complot d’empoisonnement. Pour se défendre de cette menace, le pape veut réfuter l’accusation de mollesse en faisant un coup d’éclat : obliger une célébrité à se démarquer de toute hérésie, sous les yeux de l’Europe. Galilée tombe à pic, avec sa provocation gratuite envers ses vieux amis...

- Urbain VIII lance la procédure en 1633. Il cadre  l’opération de très près, pour lui faire produire l’effet politique attendu mais sans être trop dur envers le septuagénaire Galilée. L’instruction, confiée à un neveu du pape, limite le chef d’accusation : ainsi l’Inquisition ne pourra aller trop loin. Puis le procès est expédié en deux audiences. Il est purement formel. Aucun débat d’idées. Après une conversation off  avec le commissaire général Maculano, Galilée accepte de faire ce qu’Urbain VIII attend de lui. Le 22 juin, on lui inflige une assignation à résidence perpétuelle et il signe une abjuration. Cette repentance est censée réprouver tout ce qui, dans l’acharnement de Galilée en faveur du système de Copernic, pourrait, de près ou de loin, avoir des résonances hérétiques…

- Après quoi Urbain VIII envoie copie du document, non aux évêques de la chrétienté, mais… aux souverains et principaux ministres de toute l’Europe. Ce qui montre dans quel esprit a été menée l’affaire.

  Galilée vivra encore neuf ans, dans le confort de la villa Médicis, puis du palais archiépiscopal de Sienne, puis de sa propre villa florentine : recevant ses élèves, et écrivant ce qui sera en réalité son livre scientifique principal (un ouvrage de physique : Discours et démonstrations mathématiques concernant deux sciences nouvelles touchant la mécanique et les mouvements locaux). 

 

Il faut rappeler tout cela, parce que ce n'est pas enseigné - et parce que notre époque imagine tout autre chose.  Ainsi à propos du film Galilée ou l’amour de Dieu,  diffusé le 7 janvier 2006 par FR3. Réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe, ce film voulait « corriger les images d’Epinal que l’on peut avoir sur Galilée ». Le téléspectateur, s’il était vraiment attentif au dialogue, apprenait que Galilée ne fut pas le héros de "la Science contre la Foi",  qu’il était profondément catholique, que la haute Eglise l’avait longtemps soutenu, et que la politique fut la cause secrète du procès de 1633.

Mais les journaux de télévision avaient préparé le public à comprendre l'inverse : selon Le Nouvel Obs télé-ciné-radio (7-13 janvier), par exemple, ce film  était « une formidable leçon d’histoire sur le pouvoir absolu que l’Eglise a fait peser pendant des siècles sur l’Etat et la science ».  Pourtant les faits historiques réels de l’affaire Galilée nous montrent le contraire : une Eglise très nuancée sur les questions scientifiques, et finissant par commettre la bourde de 1633… sous la pression politique des Etats !

Par ailleurs, le film (superbe) présentait le même défaut que  La Controverse de Valladolid : il remplaçait souvent les faits par du roman. Les vraies raisons de la brouille entre Galilée et les jésuites n'étaient pas indiquées. Les débats scientifiques et intellectuels que montrait le film n’eurent jamais eu lieu au procès, qui ne fut qu’un faux-semblant expéditif : une opération politique…  Et malgré le talent des auteurs, malgré la volonté de « corriger les images d’Epinal », le film donnait tout de même l’impression que la religion catholique était en soi l’ennemie de la science. Ce qui est historiquement faux, même si 1633 reste une tache politique sur le passé de l’Eglise.

 

Quant au film Anges & démons, que va-t-on pouvoir en dire ? Rendez-vous après sa sortie. On peut, sans trop de risques, parier sur le grotesque.

 P.P.

 

  


L’AFFAIRE GALILEE :  BIBLIOGRAPHIE

 

- Galilée hérétique, de Pietro Redondi. Une thèse non-conformiste : Urbain VIII organisant le procès pour sauver Galilée, accusé d’hérésie par les jésuites. (Gallimard, 1985).


L’affaire Galilée, de Jean-Pierre Lonchamp. Un précis clair et court. (Cerf, 1988).


Galilée, de Stillman Drake.   « Et si Galilée, loin de se vouloir le champion de la vérité scientifique contre l’obscurantisme religieux, avait essayé de protéger la foi ? Et si, dans sa défense de l’astronomie copernicienne, il avait voulu préserver l’Eglise de toute prise de position qui risquerait de ruiner plus tard l’autorité des Ecritures ? » (Actes Sud, 1987).


- Galileo Galilei, 350 ans d’histoire : 1633-1983, par Bernard Vinaty (et al.), avec la déclaration du pape Jean-Paul II. Les documents-témoins sur la position du Vatican. (Desclée international, 1983).
 

 

 

- Sur Dan Brown et son roman, lire : Anges & démons, l'enquête (Victor Loupan et Alain Noël, Presses de la renaissance). Surprises ravageuses à la clé.

http://plunkett.hautetfort.com/archive/2009/05/01/13-mai-sortie-du-film-%E2%80%98anges-demons-tire-d-un-polar-occultis.html

Par Chouan Bourguignon
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